François Beaune à la pêche aux histoires vraies.(Photo Carine Khalaf)
Colette KHALAF
Qui d’entre nous n’a pas une histoire qui lui brûle la langue et qu’il a envie de raconter? Non pas un fait divers ni un récit de vie, mais le choix d’un moment qui a marqué cette vie et qui pourrait suggérer le reste... «Une bonne anecdote en dit parfois plus long sur une personne qu’un impressionnant CV», dit François Beaune.
L’idée lui est venue de Paul Auster qui, en 2001, avait recueilli 220 histoires vraies d’Américains (4000 reçues qu’il lisait chaque semaine sur la radio nationale et qu’il a, par la suite, fait éditer sous le titre «True Tales of American Life».
Le jeune écrivain français pluridisciplinaire auteur de romans et de pièces de théâtre s’est proposé, une décennie plus tard, d’entreprendre un voyage autour de la Méditerranée. Muni de son petit enregistreur, d’un micro ou encore d’une plume, il va à la rencontre des hommes et femmes vivant dans cette région afin de collecter leurs témoignages. «Une première expérience avait eu lieu à l’occasion du festival “Paris en toutes lettres” en 2010», signale-t-il. De février à juillet 2011, en résidence à Marseille, à la Friche, François Beaune poursuit la collecte et prépare le voyage: «Prise de contacts, lectures d’auteurs méditerranéens ou encore techniques d’approche pour que la collecte soit plus fructueuse.» De Marseille au Maghreb, en passant par l’Espagne, Beaune a jeté son ancre aujourd’hui au Liban où, avec l’aide de l’Institut français, notamment Martine Gillet, et de Corine Attié qui assure un rôle de liaison et de coordinatrice, il multiplie la collecte.
«Ce qui est intéressant, ce ne sont pas les onze villes portuaires choisies de la Méditerranée en tant que cités, mais les personnes qui y vivent. Prendre le temps de les écouter parler en toute liberté pour brosser un portrait complexe, diversifié de cette région à cette époque donnée, tel était mon objectif premier», avoue l’auteur.
La collecte peut se faire directement ou indirectement. Pas de conditions précises. Tout comme les jeux de société, dit Beaune, la participation est ouverte de 7 à 77 ans pour toutes les personnes habitant le bassin méditerranéen. Il suffit que le participant ait une histoire à raconter (pas plus longue que dix minutes et qu’elle ne soit ni raciste ni négationniste) et qu’il soit convaincu de sa véracité. Peu importe également, ajoute l’auteur, qu’elle soit mal écrite. L’essentiel est le témoignage. Celui qui voudra poster une histoire sur le site Internet peut le faire dans la langue qu’il veut. La traduction des textes se fera dans la seconde étape.
Dans une première étape, ces histoires collectées constitueraient une bibliothèque (textes, sons et vidéos). À noter que le site Internet
www.histoiresvraies.net est déjà opérationnel. La seconde étape consisterait à éditer ces histoires que le site jugera intéressantes. Cette «matière première» sans droits réservés peut donc par la suite être appropriée par des cinéastes, des auteurs de théâtre ou encore des écrivains. «Chacun y trouvera à son goût et les participants seront informés de l’actualité du projet», ajoute Beaune.
Cette dernière étape sera donc couronnée par la manifestation Marseille-Provence 2013 capitale européenne de la culture.
Que se passera-t-il exactement en 2013? demande-t-on à François Beaune? L’écrivain commence par signaler que si Marseille clôt le projet, la collecte d’histoires peut se poursuivre sur le site. L’année 2013 sera donc la date de restitution des histoires vraies et le partage avec le grand public sous forme d’un site enrichi; d’une organisation à Marseille d’un festival littéraire; la réalisation de pièces radiophoniques coproduites par Arte Radio et Radio Grenouille; enfin par l’édition d’un livre (Verticales/Gallimard) de François Beaune à partir de cette matière première. «Je pense, conclut Beaune, qu’il est bon d’une part de garder une trace derrière soi qui finira peut-être dans le musée d’anthropologie de Marseille, et d’autre part de partager avec les autres et faire partie d’une expérience artistique. Un exercice sur soi que de choisir parmi les nombreux instants de vie, un récit qui vaut la peine d’être raconté!
*Pour infos, appeler le
76-864055.
Qui d’entre nous n’a pas une histoire qui lui brûle la langue et qu’il a envie de raconter? Non pas un fait divers ni un récit de vie, mais le choix d’un moment qui a marqué cette vie et qui pourrait suggérer le reste... «Une bonne anecdote en dit parfois plus long sur une personne qu’un impressionnant CV», dit François Beaune. L’idée lui est venue de Paul Auster qui, en 2001, avait recueilli 220 histoires vraies d’Américains (4000 reçues qu’il lisait chaque semaine sur la radio nationale et qu’il a, par la suite, fait éditer sous le titre «True Tales of American Life». Le jeune écrivain français pluridisciplinaire auteur de romans et de pièces de théâtre s’est proposé, une décennie plus tard, d’entreprendre un voyage autour de la Méditerranée. Muni de son petit enregistreur,...


Moi je connais l'histoire de CK amoureus de GC... mais personne ne veut m'ecouter ou me croire !
05 h 13, le 02 juin 2012