L'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar al-Jaafari. Allison Joyce /
L'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar al-Jaafari, a accusé mercredi une figure "salafiste" de l'opposition syrienne d’avoir enlevé les onze pèlerins chiites libanais à Alep la semaine dernière.
"Un salafiste syrien de l’opposition s’est exprimé en direct sur une chaîne de télévision libanaise il y a deux jours depuis Jeddah (Arabie saoudite) et a assumé la responsabilité de l’enlèvement de citoyens libanais (…)", a précisé le diplomate lors d’une conférence de presse au terme d’une séance du Conseil de sécurité de l’ONU à New York.
Des Libanais de confession chiite ont été enlevés par des insurgés syriens le 22 mai dans la province d'Alep (nord de la Syrie) alors qu'ils revenaient au Liban après un pèlerinage en Iran. Les otages n’ont toujours pas été libérés et les circonstances de leur enlèvement ainsi que les négociations pour leur libération restent floues.
Le dignitaire sunnite syrien, cheikh Ibrahim al-Zoabi, qui effectuait une médiation pour obtenir la libération des pèlerins a annoncé lundi dernier que sa mission avait pris fin. A la chaîne de télévision LBC, le dignitaire sunnite a précisé que lors de son dernier contact avec les ravisseurs, il avait appris que les otages étaient en bonne santé.
D’autre part, l’ambassadeur syrien à l'ONU a affirmé mercredi que Damas affrontait des "groupes terroristes" entraînés, protégés et financés par quelques pays arabes, y compris le Liban. "Ces pays (…) devraient arrêter de financer ces groupes et de leur fournir des armes ainsi qu’une couverture médiatique et politique", a lancé M. al-Jaafari.
Il a, par ailleurs, exhorté la communauté internationale à pointer du doigt ceux qui tentent d’entraver le plan de l’émissaire internationale pour la Syrie Kofi Annan et ceux qui financent ces groupes.
Dans une lettre envoyée le 17 mai à l’ONU, M. Jaafari avait déjà affirmé que "des militants d’el-Qaëda et des Frères musulmans se retranchent dans des régions libanaises frontalières et œuvrent à saboter le plan de l’émissaire international Kofi Annan pour la Syrie". M. Jaafari avait également écrit que ces régions libanaises sont devenues "un centre d’accueil pour les membres terroristes d’el-Qaëda et des Frères musulmans".
La Syrie a appelé, à plusieurs reprises, les autorités libanaises à renforcer leur présence sur la frontière entre les deux pays afin de réduire le trafic d’armes vers la Syrie.
M. Jaafari a enfin indiqué que la Syrie a envoyé les noms des terroristes qui étaient à bord du navire Lutfallah II au Conseil de sécurité de l’ONU. Il a également accusé la FINUL d’avoir accordé la permission au navire de mouiller dans les eaux libanaises.
Le navire Lutfallah II avait été intercepté le 28 avril dernier par l’armée libanaise au large de la côte nord du pays. Le bateau transportait trois conteneurs d’armes destinées, selon certaines sources, à l’opposition syrienne.
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