MM. Moussa et Aboul Foutouh ont refusé de donner de consigne de vote. M. Aboul Foutouh a néanmoins catégoriquement rejeté l’hypothèse de voter pour M. Chafiq, brocardé comme un « fouloul » (« revenant » de l’ancien régime).
M. Soltane a indiqué que toutes les plaintes pour irrégularités durant le scrutin avaient été rejetées, en ajoutant que celles qui avaient été relevées n’avaient « pas d’impact sur le résultat général ». L’ancien président américain Jimmy Carter, à la tête du centre qui porte son nom et qui se donne pour mission d’observer le déroulement d’élections dans le monde, avait fait état samedi d’irrégularités « fortuites », assurant qu’« il n’y a pas eu de signe (...) montrant que la procédure ait favorisé un candidat en particulier ».
Ce duel a provoqué le désarroi des militants prodémocratie laïques, réduits à envisager de voter islamiste pour éviter un retour du régime honni contre lequel ils s’étaient mobilisés. Pour de nombreux militants qui avaient envahi la place Tahrir au Caire début 2011, précipitant la chute du dictateur, cette situation revient à choisir entre la peste et le choléra. « C’est la pire des situations que l’on puisse imaginer », affirme ainsi la militante Baho Baksh. Mais passé le moment de choc, elle estime avec d’autres qu’il faut malgré tout aller de l’avant. « Je ne voterai certainement pas pour Ahmad Chafiq, il est l’homme de l’armée, il est répressif », affirme-t-elle, faisant allusion à son appartenance à l’armée, qui dirige le pays au travers d’un haut conseil militaire. Mais elle confesse également une profonde défiance à l’égard des Frères musulmans, et voudrait qu’ils s’engagent sur un certain nombre de points par écrit avant le vote du second tour. Un autre militant, Ahmad Zahran, est lui aussi mécontent de voir ce duel pour la présidence, mais le vote pour le candidat des Frères musulmans s’impose malgré ses réticences. « Je n’envisage pas même une seconde de voter Chafiq, pour des raisons morales », affirme-t-il, tout en poursuivant dans le même souffle : « En temps normal, je n’envisagerai pas non plus de voter islamiste. » Ahmad Zahran serait lui soulagé si la confrérie offrait des concessions, notamment sur la composition de la commission qui rédigera la future Constitution, en y incluant des libéraux et des personnes de tous horizons politiques.
(Source : AFP)

