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Moyen Orient et Monde - Syrie

Moscou prend ses distances avec Assad, mais refuse un changement de régime

Annan tente de relancer son plan après le massacre de Houla ; les autorités accusent les islamistes.

Les habitants de Houla ont accueilli à bras ouverts les Bérets bleus après le massacre du week-end. Shaam News Network/Reuters

Le médiateur international Kofi Annan, arrivé hier en Syrie, s’est dit « horrifié » par le massacre de Houla qui a mis encore un peu plus en péril son plan de paix et conduit le Conseil de sécurité à condamner Damas. « Je suis personnellement choqué et horrifié par les événements tragiques d’il y a deux jours », a ainsi déclaré M. Annan à son arrivée à Damas, en référence au massacre perpétré dans cette ville où 108 personnes, dont une cinquantaine d’enfants, ont péri vendredi, selon l’ONU. « C’était un acte répugnant, aux conséquences profondes », a-t-il ajouté. Selon son porte-parole, M. Annan doit rencontrer aujourd’hui le président Bachar el-Assad, le général Robert Mood, chef des observateurs en Syrie, ainsi que des représentants de l’opposition et de la société civile.
Le ministre des Affaires étrangères Walid Moallem a reçu Kofi Annan et le général Mood hier en fin d’après-midi. Selon l’agence officielle SANA, le ministre syrien a expliqué à M. Annan « la vérité sur ce qui se passe en Syrie et les attaques contre l’ordre qui visent à semer le chaos » en dépit « des réformes que la Syrie adopte dans tous les domaines ». Les autorités syriennes ont imputé à des islamistes armés la responsabilité du massacre et nié que des blindés de l’armée se soient trouvés dans la région au moment de la tuerie. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, le ministère syrien des Affaires étrangères affirme que les assassins se sont servis de poignards, ce qui, ajoute-t-il, est la « signature » des attaques menées par des militants islamistes.
Le Conseil de sécurité de l’ONU avait condamné les autorités pour l’attaque à Houla, dénonçant dans une déclaration adoptée à l’unanimité « des bombardements par les chars et l’artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel ». Le Conseil a exigé que Damas cesse immédiatement d’utiliser des armes lourdes et qu’il retire ses forces des villes, conformément au plan Annan. Les 15 pays membres ont réaffirmé leur soutien aux efforts de l’émissaire et l’ont chargé de transmettre « dans les termes les plus clairs » leurs exigences au gouvernement syrien.
La Russie, alliée de Damas, s’est jointe à ses 14 partenaires, avant d’estimer que les « deux parties », régime et rebelles, étaient impliquées dans le massacre, arguant de la présence de blessures à bout portant en plus des tirs d’artillerie. Moscou, sous une pression croissante pour lâcher Damas, a pris ses distances, tout en accusant certains pays d’alimenter les violences en visant avant tout un changement de régime à Damas. « Nous ne soutenons pas le gouvernement syrien. Nous soutenons le plan de Kofi Annan », a ainsi déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, soulignant qu’il était plus important de « mettre fin à la violence » que de « se préoccuper de qui est au pouvoir en Syrie ». Dans le même temps, un navire de ravitaillement russe Iman est revenu hier dans son port d’attache de Sébastopol après avoir accompli sa mission en Syrie, a indiqué l’état-major de la flotte.
Le président français François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron ont convenu d’« accroître la pression » sur M. Assad et confirmé la prochaine tenue à Paris de la troisième conférence des « Amis du peuple syrien ». Le Foreign Office a en outre fait part de sa condamnation du massacre « ignoble » au chargé d’affaires syrien, convoqué, selon un communiqué du ministère britannique. Plus tôt, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, avait souligné que le choix pour la Syrie était entre la mise en œuvre du plan Annan et la guerre civile.
Dénonçant « l’attentat révoltant » commis, le Canada appelle le Conseil de sécurité « à prendre des mesures diplomatiques plus vigoureuses », a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie canadienne John Baird. L’Italie est prête de son côté à soutenir des corridors humanitaires pour mettre fin aux massacres, dans le cadre de la « responsabilité de protéger », a affirmé dans une interview le ministre des Affaires étrangères Giulio Terzi.
Parallèlement, Human Rights Watch a réclamé une enquête de l’ONU, estimant que « tant que les combattants peuvent opérer en toute impunité, les horreurs en Syrie vont continuer ». L’Arabie saoudite a quant à elle « vivement dénoncé » le massacre, soulignant « l’importance pour la communauté internationale d’assumer ses responsabilités et d’arrêter l’effusion de sang ». Le ministre marocain des Affaires étrangères Saadeddine el-Othmani a indiqué quant à lui que les pays arabes étaient en concertations pour arrêter une réponse commune au massacre.
Téhéran et Pékin, qui soutiennent Damas, ont condamné ce carnage, tout en estimant qu’il fallait identifier les responsables, tentant ainsi d’exonérer les autorités.

CNS et Frères musulmans
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a réclamé aux pays qui le soutiennent de lui fournir des « moyens efficaces d’autodéfense » pour faire face à la répression. Il a déploré que le Conseil de sécurité ait publié « une déclaration non contraignante au moment où des enfants étaient massacrés au vu et au su du monde entier », dénonçant « un acte de complaisance honteux ». Une commission conjointe armée-justice, chargée par Damas d’enquêter sur ces violences, doit publier ses conclusions mercredi.
Les Frères musulmans de Syrie ont accusé quant à eux le Conseil de sécurité d’envoyer le « mauvais message » aux autorités, en se contentant de les condamner sans prendre d’action contre le régime.

Manifs et tueries
La visite de M. Annan, la deuxième, depuis sa désignation comme émissaire il y a trois mois, intervient alors que le cessez-le-feu instauré le 12 avril dans le cadre de son plan est plus que jamais ignoré. Dimanche, 87 personnes ont été tuées, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), l’un des bilans les plus lourds depuis la trêve. Hier, au moins 36 personnes ont encore péri, dont 15 soldats et deux rebelles dans de violents combats près de Damas. En soirée, l’OSDH a fait état de tirs et d’explosions entendus dans le village de Taldo, proche de Houla.
Des manifestations massives se sont déroulées pour le troisième jour consécutif pour dénoncer le massacre de Houla. À Habite, dans la province d’Idleb, une banderole proclamait « L’ONU nous tue », témoignant de la colère grandissante des militants contre la communauté internationale accusée d’inaction.
(Source : agences)
Le médiateur international Kofi Annan, arrivé hier en Syrie, s’est dit « horrifié » par le massacre de Houla qui a mis encore un peu plus en péril son plan de paix et conduit le Conseil de sécurité à condamner Damas. « Je suis personnellement choqué et horrifié par les événements tragiques d’il y a deux jours », a ainsi déclaré M. Annan à son arrivée à Damas, en référence au massacre perpétré dans cette ville où 108 personnes, dont une cinquantaine d’enfants, ont péri vendredi, selon l’ONU. « C’était un acte répugnant, aux conséquences profondes », a-t-il ajouté. Selon son porte-parole, M. Annan doit rencontrer aujourd’hui le président Bachar el-Assad, le général Robert Mood, chef des observateurs en Syrie, ainsi que des représentants de l’opposition et de la société civile.Le...
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Devant le massacre barbare de Houla, perpétré par bombardement à l'artillerie lourde de l'armée syrienne et objet de témoignage immédiat par les observateurs de l'ONU, même la Russie se voit obligée de prendre ses distances avec le régime d'Assad (qu'elle soutient uniquement pour 4 à 5 milliards de dollars en vente d'armes, par an. Une honte !). Malgré cette prise de connaissance du monde entier du crime monstre contre l'humanité, commis par ce régime, son ministère des Affaires étrangères a le culot de mentir à l'ONU et d'en accuser "les islamistes armés". "Les blindés de l'armée (syrienne) ne se trouvaient pas dans la région (au moment du massacre), dit-il. Les islamistes n'ont pas de blindés et le monde entier le sait. Ce sont donc les blindés de qui, qui ont effectué le bombardement nazi et massacré 108 personnes, dont "une cinquantaine d'enfants". Comment le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem peut-il se présenter devant Kofi Annan, après un tel mensonge ?

Halim Abou Chacra

23 h 45, le 28 mai 2012

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  • Devant le massacre barbare de Houla, perpétré par bombardement à l'artillerie lourde de l'armée syrienne et objet de témoignage immédiat par les observateurs de l'ONU, même la Russie se voit obligée de prendre ses distances avec le régime d'Assad (qu'elle soutient uniquement pour 4 à 5 milliards de dollars en vente d'armes, par an. Une honte !). Malgré cette prise de connaissance du monde entier du crime monstre contre l'humanité, commis par ce régime, son ministère des Affaires étrangères a le culot de mentir à l'ONU et d'en accuser "les islamistes armés". "Les blindés de l'armée (syrienne) ne se trouvaient pas dans la région (au moment du massacre), dit-il. Les islamistes n'ont pas de blindés et le monde entier le sait. Ce sont donc les blindés de qui, qui ont effectué le bombardement nazi et massacré 108 personnes, dont "une cinquantaine d'enfants". Comment le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem peut-il se présenter devant Kofi Annan, après un tel mensonge ?

    Halim Abou Chacra

    23 h 45, le 28 mai 2012

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