Ex-chef des renseignements militaires et ancien chef d’état-major adjoint pour les affaires de sécurité, M. Shawkat est considéré comme l’un des personnages les plus honnis par les opposants au sein du régime Assad. Les autorités syriennes n’ont pas réagi à ces informations et n’étaient pas joignables pour les commenter.
Le bruit a commencé à courir après la diffusion dimanche d’une vidéo où un homme, assis devant une table couverte du drapeau symbole de la révolte en Syrie, revendiquait l’assassinat de six hauts responsables. Outre M. Shawkat, il s’agissait des ministres de l’Intérieur Mohammad al-Chaar et de la Défense Daoud Rajha, de Hicham Bakhtiar, chef de la Sécurité nationale, de Hassan Turkméni, adjoint au vice-président, et de Mohammad Saïd Bakhtian, adjoint au chef du parti Baas au pouvoir. M. Turkméni, apparu par la suite à la télévision d’État, et M. Chaar, interviewé par téléphone, ont démenti cette information, accusant les chaînes satellitaires arabes al-Arabiya et al-Jazira qui ont diffusé la vidéo de « mensonges et de calomnies ». M. Shawkat n’a pas fait de démenti, bien que lui-même apparaisse rarement en public.
Hier, sur la page The Syrian Revolution, les militants écrivaient à la mi-journée : « Assef Shawkat est enterré en ce moment dans son village de Madhalé, dans la province de la ville côtière de Tartous. Que Dieu le maudisse », précisant qu’il « est mort empoisonné ». La chaîne satellitaire al-Arabiya a par ailleurs cité des militants affirmant que dans le village natal de M. Shawkat, des drapeaux noirs ont été brandis en signe de deuil. Selon eux, le corps du responsable avait été transporté à un hôpital qui a été vidé de ses patients depuis mardi soir.
Né en 1950, M. Shawkat a gravi progressivement les échelons du pouvoir après avoir épousé dans les années 90 Bouchra, unique fille de l’ex-président Hafez el-Assad. Des informations avaient fait état de frictions avec sa belle-famille, qui ne l’aurait jamais accepté, et notamment avec Maher al-Assad, frère de Bachar. Le nom des deux hommes avaient été évoqués dans un rapport préliminaire de l’ONU comme éventuels suspects dans l’assassinat en 2005 de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri.
Dans la vidéo de dimanche, l’homme, non identifié et se réclamant des « Brigades des Sahaba » (compagnons du prophète Mohammad), précise qu’au terme de deux mois de surveillance, une personne est parvenue à tuer ces responsables de la cellule chargée de la « gestion de la crise » en Syrie, dont fait partie M. Shawkat, sans plus de détails. Selon Peter Harling, expert sur la Syrie à l’International Crisis Group, ces informations restent « largement non confirmées pour le moment. Ce qui est intéressant, c’est leur succès ».
(Source : AFP)


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