Un convoi d’observateurs de l’ONU se dirigeant hors de Damas. SANA/AFP
Ainsi, une bombe a explosé dans un restaurant de Damas. L’explosion, qui a eu lieu dans le quartier de Qaboun, a fait cinq morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et la télévision d’État. Celle-ci a imputé l’attaque à des « terroristes ». Les forces du régime, qui restent déterminées à étouffer la contestation, ont dans le même temps mené une série de perquisitions dans le quartier de Barzé, à Damas, et la région d’al-Bassatine, en banlieue de la capitale, arrêtant des dizaines de personnes, a précisé l’OSDH.
Dans la province d’Idleb, de violents combats avaient lieu entre soldats et insurgés, l’armée utilisant l’artillerie lourde, a dit l’OSDH, en faisant état d’explosions nocturnes entendues à Hama, Idleb, Lattaquié, Alep et dans la ville côtière de Banias. Des manifestations hostiles au régime de Bachar el-Assad ont par ailleurs eu lieu à Alep, deuxième ville du pays, alors qu’une personne a été tuée par des tirs dans la ville de Deraa, toujours selon l’OSDH. Selon des militants joints via Skype dans la province de Deir ez-Zor, des tirs ont éclaté après une visite des observateurs de l’ONU dans la localité de Bousayra. « Des informations non confirmées ont fait état de deux morts et plusieurs blessés », a dit l’un d’eux. Les combats se sont intensifiés près de Damas et dans les régions d’Alep et d’Idleb ces derniers jours, avec la mort de 31 soldats et de 11 insurgés lundi, d’après l’OSDH.
Les violences se poursuivent sans relâche malgré la présence de quelque 270 observateurs de l’ONU qui ont été jusqu’à présent incapables de faire respecter la trêve préconisée par le plan de paix de l’émissaire international Kofi Annan, quotidiennement violée depuis le 12 avril. Ce plan, appuyé par le Conseil de sécurité, a été pourtant accepté par le pouvoir syrien qui, refusant de reconnaître la contestation, assure combattre des « terroristes armés par l’étranger ». L’ONU a accusé tant le régime que la rébellion, qui se rejettent la responsabilité de la poursuite des violences qui ont fait plus de 12 000 morts depuis le début de la révolte.
Face à la répression et devant l’impuissance de la communauté internationale à la faire cesser, les désertions se sont multipliées au sein de l’armée et les insurgés, rassemblés au sein de l’Armée syrienne libre, affirment avoir pris les armes pour défendre leurs bastions. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a parlé lundi de « moment critique » pour une solution pacifique en Syrie, où toutes les initiatives en vue d’un règlement ont jusque-là échoué surtout en raison des divisions internationales, la Russie et la Chine, des alliés du régime, rejetant toute ingérence dans le conflit. Le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, en visite lundi en Syrie, a demandé aux autorités syriennes des « mesures de confiance », comme libérer des détenus et autoriser les manifestations pacifiques. M. Ladsous, qui s’est rendu notamment dans la ville meurtrie de Homs, a estimé que les observateurs étaient parvenus à y « réduire le niveau de violence » et a dit espérer un succès de la mission d’observation avant l’expiration de son mandat le 21 juillet.
Position de Gül
Pour sa part, le président turc Abdullah Gül a estimé que les efforts entrepris par la communauté internationale étaient insuffisants. « Jusqu’à maintenant, la communauté internationale s’est montrée faible dans ses efforts pour répondre à la crise » en Syrie, a déclaré M. Gül lors d’un discours prononcé à Chicago, au lendemain du sommet de l’OTAN. Appelant la communauté internationale à soutenir les aspirations démocratiques des Syriens, M. Gül a jugé que le plan Annan « pourrait être celui de la dernière chance pour qu’une transition ordonnée ait lieu en Syrie ». Parallèlement, l’Union européenne et la Jordanie ont appelé à l’arrêt des violences en Syrie et pressé le régime Assad à aller de l’avant dans les réformes, a rapporté l’agence jordanienne Petra. Cet appel a été lancé lors d’un entretien à Amman entre le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Jawdeh, et Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l’UE.
Enfin, au niveau humanitaire, le Programme alimentaire mondial a commencé à distribuer hier de la nourriture à 12 500 Syriens qui ont trouvé refuge en Jordanie. « Ce plan d’urgence doit ultérieurement couvrir les besoins mensuels de 25 000 Syriens en Jordanie », selon l’organisation onusienne. Les autorités jordaniennes chiffrent à quelque 100 000 le nombre de Syriens qui se sont réfugiés en Jordanie. Mais seuls 15 999 Syriens se sont enregistrés en tant que réfugiés auprès du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés.
(Source : agences et rédaction)


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef