Marwan Charbel, au centre hier de tous les commentaires au lendemain de ses déclarations sur l’absence d’el-Qaëda au Liban. Photo Hassan Assal
M. Eid avait estimé mercredi, lors d’une conférence de presse, que seule une intervention de l’armée syrienne pourrait venir à bout des troubles qui secouent Tripoli.
Ces propos n’ont suscité pratiquement aucun commentaire de la part des diverses composantes du 8 Mars. Seul le ministre de la Justice, Chakib Cortbaoui, a assuré le minimum syndical en déclarant qu’il ne saurait être « question de l’intervention d’une quelconque armée étrangère ». Interrogé par Marcel Ghanem, de la LBC, sur les déclarations de M. Eid, le ministre de la Défense, Fayez Ghosn, s’est pour sa part contenté de dire qu’il revenait à l’armée libanaise de régler le problème.
M. Ghosn ne s’est toutefois pas privé de taper sur son collègue de l’Intérieur, Marwan Charbel, qui niait la veille la présence d’el-Qaëda au Liban.
Quant au ministre des Finances, Mohammad Safadi, dans les bureaux duquel avait eu lieu l’arrestation rocambolesque de l’islamiste Chadi Mawlaoui, à l’origine des troubles, il a démenti hier les informations selon lesquelles il serait revenu sur sa décision de déposer une plainte en justice contre la Sûreté générale au sujet de cette arrestation. Son bureau de presse a assuré que la plainte avait été déposée et qu’elle est à l’heure actuelle devant le parquet militaire de Beyrouth.
Sur Radio-Orient, Marwan Hamadé devait quant à lui libérer comme jamais sa verve antisyrienne. « Hier, un individu de Jabal Mohsen (le quartier alaouite de Tripoli) a dévoilé, par naïveté ou par esprit haineux, un complot ourdi par le régime syrien contre Tripoli en particulier et le Liban en général », a-t-il déclaré.
Pour M. Hamadé, « ce complot dévoilé par Rifaat Eid revêt divers aspects, l’un d’eux étant la tentative de semer la terreur dans les milieux politiques libanais par la diffusion des rumeurs sur une vague d’assassinats à venir et dont on ne sait qui en seraient les auteurs ».
Il a à ce propos salué la position du chef du PSP, Walid Joumblatt, qui avait dénoncé mercredi ces rumeurs et exprimé son scepticisme à leur égard.
Et M. Hamadé d’ajouter : « Tous les commentateurs avaient estimé que dans la mesure où il est coincé dans ses derniers retranchements en Syrie, (le président syrien) Bachar el-Assad allait exporter sa haine au Liban. C’est effectivement ce qu’il fait à l’heure actuelle en semant la discorde dans certains régions, en distribuant des armes à ses agents et en s’efforçant de terroriser le président de la République, Michel Sleiman, et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec (le chef du CPL, le général) Michel Aoun dans son extrémisme verbal et sa tendance à l’insulte et le Hezbollah dans sa quête permanente d’imposer sa mainmise sur le pouvoir. »
Interrogé sur les responsabilités dans les événements de Tripoli, le député du Chouf a dit : « Il est clair que le groupe, constitué par le Hezbollah et ses alliés, et derrière lui les régimes syrien et iranien, essaie aujourd’hui de rééditer ce qu’il avait accompli le 7 août (2008), c’est-à-dire l’invasion milicienne de Beyrouth. »
« Nous souhaitons que personne ne tombe dans le piège, ni nous, ni l’État, ni l’armée, ni la Sûreté générale », a-t-il poursuivi, soulignant que l’objectif du complot qu’il a dénoncé est d’accomplir « un 7 mai aux apparences légales à Tripoli ». « Nous devons faire attention à cela et empêcher que cette opération visant Tripoli ne parvienne à faire taire les voix qui s’élèvent contre la Syrie et en faveur de la révolution syrienne. »
Réclamant de l’armée libanaise qu’elle applique sur tout le territoire libanais « un critère unique au sujet des armes non légales », M. Hamadé a poursuivi en s’interrogeant sur le bien-fondé des rumeurs d’assassinats politiques. « Cette fois-ci, on dit qu’il s’agirait de personnalités du 8 Mars. Mais jusqu’à cet instant, nous n’avons vu personne du 8 Mars être pris pour cible (...) Nous sommes soucieux de la sécurité de notre ami (le président de la Chambre) Nabih Berry, du (général) Jamil Sayyed et de (l’ancien ministre) Wi’am Wahab, tout comme de nous-mêmes, mais nous nous interrogeons : où sont donc les données des écoutes téléphoniques, que font les services de sécurité ? » Il s’est demandé si les données « parviennent à la Sûreté générale et pas aux autres services de renseignements » ou si le ministère des Télécoms s’abstenait de livrer ces données à tout le monde « à un moment où s’amoncellent les périls sur le Liban ».
Enfin, s’adressant au directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, il a souhaité qu’il « ne se transforme pas en un nouveau Jamil Sayyed ».
« Même pourri, nous continuerons à défendre cet État pour le restaurer et le rétablir, quoi qu’ils fassent et quoi qu’en dise Rifaat Eid de Jabal Mohsen, car les phalanges du régime syrien, qui arrivent à peine à tuer à Homs, à Hama et à Idleb, auraient un séisme à affronter au Liban. Et peut-être que le cas échéant, nous irions nous-mêmes à Damas renverser ce régime », a-t-il lancé.
De son côté, le secrétaire général du courant du Futur, Ahmad Hariri, a lui aussi estimé que ce qui s’est produit à Tripoli était « une sorte de 7 mai 2008 ».
Pour M. Hariri, Rifaat Eid a été « très franc en appelant à une intervention de l’armée syrienne à Tripoli ». Cependant, a-t-il ironisé, « il faudrait que le régime syrien règle ses problèmes à l’intérieur avant de penser à intervenir au Liban ».
À ses yeux, la situation à Tripoli ne se serait pas détériorée à ce point s’il y avait eu coordination entre les services de sécurité. Il s’en est pris à la Sûreté générale, dont « la structure entière, et pas seulement son directeur général, dépend du Hezbollah ».
« Nous avons entendu les déclarations du ministre de l’Intérieur, mercredi, à Tripoli (au sujet de l’absence d’el-Qaëda). L’insistance du directeur de la Sûreté générale sur la présence de cette organisation au Liban est probablement due à une récente visite qu’il a effectuée en Syrie », a-t-il dit.
M. Hariri, qui intervenait sur la LBC, a dû prendre la défense du député membre du bloc du Futur, Khaled Daher, accusé par ses détracteurs d’être un extrémiste islamiste. « Il est vrai que M. Daher a une orientation islamique, a-t-il admis. Cela n’est pas honteux en soi et il fait partie des modérés dans ce pays », a-t-il néanmoins ajouté.
Pour leur part, le député FL Antoine Zahra et le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, ont réclamé des poursuites judiciaires contre Rifaat Eid.
La réponse du Hezbollah
Comme pour répondre implicitement aux accusations de Marwan Hamadé, le Hezbollah a publié un communiqué dans lequel il réclame « un traitement objectif, sérieux et responsable» des événements de Tripoli et dénonce « le tapage médiatique, les accusations dans toutes les directions et les discours d’incitation ».
« Cette fuite en avant ne réussira pas à dissimuler les véritables causes du problème », ajoute le communiqué, sans toutefois préciser quelles sont ces causes aux yeux du Hezbollah.


Rien que pour vous je vous écrirai "chronoque d'une fin (politique ) annoncée", les hommes du passé ont un passif trop lourd à porter, Mme Sursouk, restez parmi nous je vous en conjure.Je suis traumatisé par la "disparition" de Mme Héléne Joun de ce forum, je culpabilise, elle était redoutable elle.Si tu me lis Héléne, reviens on a beaucoup de choses à débattre.
13 h 52, le 19 mai 2012