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Moyen Orient et Monde - Commentaire

La nécessité de l’OTAN

Par Anders FOGH RASMUSSEN

Anders Fogh Rasmussen est secrétaire général de l’OTAN.

Il y a de nombreuses années, j’ai emmené mes enfants visiter les plages du débarquement du jour J en Normandie. J’ai voulu qu’ils comprennent les sacrifices que d’autres avaient faits, afin que l’Europe et l’Amérique du Nord puissent jouir des bienfaits de la vie, de la liberté et de la poursuite du bonheur. Nous avons visité les plages dont les noms sont restés dans l’histoire – Omaha, Utah, Juno. Ces plages sont un témoignage en faveur de l’idée que, tous ensemble, nous pouvons surmonter toutes sortes de menaces, de n’importe quelle taille.


Nous comprenons quel avenir aurait pu échoir non seulement à l’Europe, mais au monde entier, si l’Amérique du Nord n’avait pas aidé l’Europe quand elle en a eu besoin. Et nous savons que ces opérations du débarquement ont créé un lien unique entre nos continents.


Ce lien est essentiel à la conservation de nos valeurs et de notre sécurité. Mais après la guerre froide, beaucoup ont supposé que sa concrétisation institutionnelle, l’Organisation du traité d’Atlantique-Nord, devait disparaître. Cela ne s’est pas produit, parce que notre lien ne se fonde pas simplement sur des menaces communes, mais sur des idéaux partagés. Il ne peut pas plus disparaître que ne peut s’éteindre notre désir de liberté. L’OTAN n’a eu besoin d’aucune raison externe pour exister. Pourtant, une rapide consultation de l’histoire suffit à énumérer ces raisons.


En Bosnie et Kosovo, l’OTAN est intervenue pour arrêter des violations massives de droits de l’homme. En Libye, nous avons imposé une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies pour protéger les civils. Et en Afghanistan, nous refusons de donner asile aux extrémistes.


L’Alliance s’est transformée en une véritable organisation de gestion de la sécurité, flexible, efficace et rentable. Les menaces ont changé : elles deviennent plus globales et nous avons changé pour y répondre.


L’OTAN développe des options militaires en missiles balistiques pour protéger nos populations et nos territoires européens contre une menace réelle et croissante. Dans l’océan Indien, l’OTAN travaille avec l’Union européenne et de nombreux autres partenaires pour maintenir l’ordre sur les principales routes maritimes menacées par des pirates. Et tout autour du monde, cette organisation conduit des opérations de déminage, de secours aux sinistrés, donne ses conseils sur la façon de placer les forces militaires sous contrôle démocratique et collabore étroitement avec l’ONU pour empêcher la maltraitance envers les enfants.


Des efforts comme ces derniers ne font pas toujours la une des journaux. Mais la sécurité est comme la santé – on n’y prête pas attention avant qu’elle ne se dégrade. C’est pourquoi, nous avons besoin d’une assurance. Et l’OTAN est la plus forte assurance de sécurité du monde. Ratifiée par 28 membres, elle a fourni des avantages de sécurité à tous les alliés chaque année pendant plus de six décennies.


Ce week-end à Chicago, les représentants d’environ 60 États membres, de pays associés et d’organismes internationaux se réuniront au prochain sommet de l’OTAN, le plus grand dans l’histoire de l’Alliance, pour aborder certaines des plus graves questions de sécurité de notre époque.


Nos débats se concentreront sur trois questions : la transition à la pleine responsabilité de sécurité afghane, le développement continu des possibilités militaires des alliés et le réseau mondial des associations de l’OTAN.
Premièrement, nous réaffirmerons notre engagement sur la stabilité et à la sécurité de l’Afghanistan. Au cours des mois à venir, notre rôle passera du combat à la formation et à la tutelle. Et vers la fin de 2014, les Afghans auront la pleine responsabilité de leur propre sécurité.


Deuxièmement, alors que notre participation militaire en Afghanistan touche à sa fin, nous devons penser à l’avenir et développer de nouvelles possibilités pour une nouvelle ère. À un moment où les budgets de la défense sont réduits à travers l’alliance, il faut trouver une nouvelle approche.


En travaillant ensemble à maximiser nos ressources, nous pourrons faire davantage avec ce que nous avons. C’est l’essence de la « Smart Defense ». À Chicago, les alliés s’engageront dans cette approche comme stratégie à long terme pour améliorer les possibilités de l’OTAN.


Enfin, les associations occuperont une place prépondérante dans l’ordre du jour de Chicago. Au cours des 20 dernières années, l’OTAN a créé un réseau d’associés de sécurité avec les pays du monde. À la différence des alliés, les partenaires ne sont pas couverts par l’article 5, la clause de défense collective du traité de l’Atlantique-Nord. Mais les menaces transnationales exigent les solutions multinationales et nos associations nous aident à répondre à des défis communs.


L’OTAN tient des consultations régulières avec tous nos associés. L’alliance aide les associés intéressés en matière de réforme de la défense. Et plusieurs de nos associés apportent des compétences et une expertise précieuses pour nos opérations.


J’ai commencé par mentionner mon rapport personnel au lien entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Mais cet attachement est plus profond qu’il ne paraît. Chicago a longtemps été un foyer d’accueil pour de nombreux immigrés européens. Mon propre fils habite en Illinois, non loin de Chicago, avec son épouse et ses deux enfants. Sur mes quatre petits-enfants, deux sont européens et deux sont américains.


Quand je pense aux raisons de préserver notre lien transatlantique pour les générations futures, je ne pense pas à ma sécurité. Je pense à la leur. Et c’est la seule raison qui compte à mes yeux.

Traduit de l’anglais par Stéphan Garnier.
© Project Syndicate, 2012.

Il y a de nombreuses années, j’ai emmené mes enfants visiter les plages du débarquement du jour J en Normandie. J’ai voulu qu’ils comprennent les sacrifices que d’autres avaient faits, afin que l’Europe et l’Amérique du Nord puissent jouir des bienfaits de la vie, de la liberté et de la poursuite du bonheur. Nous avons visité les plages dont les noms sont restés dans l’histoire – Omaha, Utah, Juno. Ces plages sont un témoignage en faveur de l’idée que, tous ensemble, nous pouvons surmonter toutes sortes de menaces, de n’importe quelle taille.
Nous comprenons quel avenir aurait pu échoir non seulement à l’Europe, mais au monde entier, si l’Amérique du Nord n’avait pas aidé l’Europe quand elle en a eu besoin. Et nous savons que ces opérations du débarquement ont créé un lien unique entre nos...
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