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Moyen Orient et Monde - Révolte

L’armée syrienne concentre ses frappes sur Rastane

Le Qatar appelle Damas à mettre fin au « bain de sang ».

À Deraa, hier, des rebelles de l’Armée syrienne libre crient « Allah akbar ». Les forces gouvernementales se sont acharnées sur Rastane, un de leurs bastions. Photo Reuters

L’armée régulière syrienne concentrait hier ses bombardements sur la ville de Rastane, un bastion important des forces rebelles, qualifiées la veille par le président Bachar el-Assad de « bande de criminels ». Face à une opposition divisée, le régime tient bon malgré plus de 14 mois de révolte, fort notamment du soutien de la Russie.
Dans la province de Homs, Rastane était violemment bombardée par l’armée, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). La ville a reçu jusque « trois obus par minute », a affirmé Rami Abdel Rahmane, président de l’ONG basée en Grande-Bretagne. M. Abdel Rahmane a appelé les observateurs de l’ONU, déployés dans le pays pour surveiller la trêve violée quotidiennement, à se « diriger immédiatement vers la ville de Rastane que le régime cherche à détruire graduellement ». « Ils veulent que les gens ne ferment pas l’œil de la nuit, ils veulent détruire complètement leur moral », a-t-il souligné. Encerclée par l’armée, Rastane abrite, selon des militants, un grand nombre de hauts gradés rebelles qui la défendent farouchement. Cette ville échappe depuis plusieurs mois au contrôle des troupes gouvernementales qui ont tenté à plusieurs reprises, en vain, de la reprendre. Le 14 mai, 23 soldats avaient été tués lors d’une tentative d’assaut.
Ailleurs, les troupes gouvernementales se sont déployées dans plusieurs quartiers de la ville de Deraa pour tenter « de mettre fin à la grève générale ». Des tirs nourris ont été entendus, selon l’OSDH. Et dans la province de Damas, à Erbine, les forces régulières ont mené une campagne d’arrestations et de perquisitions. Dans la localité de Kanker, trois civils ont été arrêtés. Selon l’OSDH, plus de 25 000 prisonniers sont toujours incarcérés par le régime et plus de 100 000 personnes ont été arrêtées depuis le début de la révolte en mars 2011. Dans la ville de Qouteifa, des heurts ont eu lieu dans la nuit après la désertion de soldats d’un poste militaire. Mercredi, au moins 44 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les violences notamment dans les provinces de Deraa et Idleb, ainsi qu’à Homs, toujours selon l’OSDH. En 14 mois, plus de 12 000 personnes ont été tuées en Syrie, en majorité des civils, encore selon l’OSDH. Des dizaines de milliers de Syriens se sont en outre réfugiés dans les pays voisins.
Réagissant à la poursuite des violences, le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, en visite en Bulgarie, a appelé la Syrie à mettre fin aux massacres de civils et à commencer à appliquer le plan de l’envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan. « Les massacres de civils se poursuivent malgré la volonté internationale de mettre fin à ce bain de sang », a déclaré cheikh Hamad au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue bulgare, Boïko Borissov. « Des négociations (sous l’égide) de l’ONU sont en cours, mais les tueries se poursuivent. C’est intolérable », a déclaré le chef du gouvernement du Qatar. « Le gouvernement syrien doit se conformer au premier point (du plan Annan) et arrêter de tuer des civils afin que nous puissions discuter des cinq autres points du plan dans le but de résoudre cette crise », a poursuivi le Premier ministre qatari. La Syrie doit figurer à l’ordre du jour des entretiens trilatéraux prévus aujourd’hui entre cheikh Hamad, M. Borisov et le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, dans la station balnéaire de Varna, sur la mer Noire. La Turquie partage 900 km de frontière commune avec la Syrie, a rappelé cheikh Hamad, soulignant l’importance d’une « Syrie stable » pour la Turquie et le Qatar.

Un penseur palestinien raconte son calvaire
Par ailleurs, le penseur palestinien Salameh Kaileh, expulsé cette semaine de Syrie vers la Jordanie, a raconté hier avoir été torturé pendant ses trois semaines de détention dans les prisons syriennes.
« Les services secrets syriens ont opéré une descente chez moi et m’ont arrêté le 23 avril. Et j’ai soudainement été expulsé en Jordanie lundi, après trois semaines de détention et de tortures », a-t-il déclaré à Amman. « Ils n’ont pas expliqué les raisons (de mon arrestation), mais je sais que c’était parce que j’ai écrit des articles sur la révolte et pris position contre le régime » de M. Assad. Le militant âgé de 57 ans, détenteur d’un passeport jordanien, a dit avoir été hospitalisé à Amman pour des hématomes et contusions. « J’étais battu avec force chaque jour. Je me suis évanoui plusieurs fois, mais cela ne les a pas empêchés de me battre tant et plus. On m’a empêché d’aller aux toilettes », a-t-il raconté.
L’OSDH avait accusé dès mardi les forces de sécurité syriennes d’avoir torturé M. Kaileh, diffusant plusieurs photographies montrant de larges contusions sur ses bras et ses jambes ainsi que des traces de brûlures. Salameh Kaileh est né à Bir Zeit en Cisjordanie, mais vivait depuis plus de 30 ans en Syrie, où il a été détenu pendant plus de huit ans dans les années 1990. Il a publié plus de 20 ouvrages sur le marxisme ou le nationalisme arabe.
(Source : agences
et rédaction)
L’armée régulière syrienne concentrait hier ses bombardements sur la ville de Rastane, un bastion important des forces rebelles, qualifiées la veille par le président Bachar el-Assad de « bande de criminels ». Face à une opposition divisée, le régime tient bon malgré plus de 14 mois de révolte, fort notamment du soutien de la Russie.Dans la province de Homs, Rastane était violemment bombardée par l’armée, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). La ville a reçu jusque « trois obus par minute », a affirmé Rami Abdel Rahmane, président de l’ONG basée en Grande-Bretagne. M. Abdel Rahmane a appelé les observateurs de l’ONU, déployés dans le pays pour surveiller la trêve violée quotidiennement, à se « diriger immédiatement vers la ville de Rastane que le régime cherche à...
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L'AFP opte pour un récit décent et ne reproduit pas la déclaration du militant Salameh Kaileh sur l'humiliation absolument inhumaine qu'il a subie de la part de ses bourreaux. Qu'on me permette de traduire son récit (reproduit dans un article intitulé Salameh Kayelh - Now Lebanon - ce jour 18/5). Le voici : "L'officier me dirige les plus fortes insultes et me bat avec un gros câble qui laissent des traces terribles sur le corps. Le médecin qui m'examine le lendemain en est choqué. Mais le gros problème commençe lorsque j'ai besoin d'aller aux toilettes pour uriner. La première fois on me le permet. La deuxième fois on me demande d'uriner dans un sac immonde. Comme j'avais pris de la glucose, j'avais besoin d'uriner davantage. Alors on me dit d'uriner "sur moi-même", et malheureusement je dois le faire plusieurs fois". Il y a deux jours, le témoignage de médecins de l'organisation Médecins sans frontières accablait davantage le régime syrien. Il affirme : "L'armée syrienne achève les blessés". Comment parler de la cruauté inouie de ce régime sinon en la qualifiant de "nazie" ?

Halim Abou Chacra

12 h 13, le 18 mai 2012

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  • L'AFP opte pour un récit décent et ne reproduit pas la déclaration du militant Salameh Kaileh sur l'humiliation absolument inhumaine qu'il a subie de la part de ses bourreaux. Qu'on me permette de traduire son récit (reproduit dans un article intitulé Salameh Kayelh - Now Lebanon - ce jour 18/5). Le voici : "L'officier me dirige les plus fortes insultes et me bat avec un gros câble qui laissent des traces terribles sur le corps. Le médecin qui m'examine le lendemain en est choqué. Mais le gros problème commençe lorsque j'ai besoin d'aller aux toilettes pour uriner. La première fois on me le permet. La deuxième fois on me demande d'uriner dans un sac immonde. Comme j'avais pris de la glucose, j'avais besoin d'uriner davantage. Alors on me dit d'uriner "sur moi-même", et malheureusement je dois le faire plusieurs fois". Il y a deux jours, le témoignage de médecins de l'organisation Médecins sans frontières accablait davantage le régime syrien. Il affirme : "L'armée syrienne achève les blessés". Comment parler de la cruauté inouie de ce régime sinon en la qualifiant de "nazie" ?

    Halim Abou Chacra

    12 h 13, le 18 mai 2012

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