Après son investiture, François Hollande a remonté l’avenue des Champs-Élysées. Martin Bureau/AFP
La sobriété a été voulue par le président français, en contraste avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy, accusé d’avoir exercé de façon ostentatoire le pouvoir et tenu un discours de division des Français. En vertu d’un protocole minutieux, c’est Nicolas Sarkozy qui avait accueilli François Hollande au palais de l’Élysée. Après une poignée de main, les deux hommes se sont isolés pour la passation des pouvoirs au cours de laquelle le sortant a remis à l’élu les codes pour les armes nucléaires. Parallèlement, la journaliste Valérie Trierweiler, compagne du nouveau président, s’entretenait avec Carla Bruni-Sarkozy.
Puis, sous les applaudissements du personnel de l’Élysée et cinq ans après y être entré triomphalement, Nicolas Sarkozy a foulé le tapis rouge en sens inverse, main dans la main avec son épouse, avant de quitter l’Élysée en voiture en faisant le signe de l’au revoir. Entre-temps, les réactions à l’investiture se multipliaient, les anciens Premiers ministres socialistes Pierre Mauroy et Édith Cresson saluant sa « sobriété et sa simplicité » ; le maire de Paris Bertrand Delanoë évoquant « beaucoup de sens », et la patronne des patronnes, Laurence Parisot, applaudissant une cérémonie « pleine d’unité » et relevant avec satisfaction que M. Hollande avait parlé « de la compétitivité » et dit sa « confiance » dans le dialogue social.
Ferry, Curie, Paris...
Marseillaise, honneurs militaires et coups de canon. Une fois investi, le nouveau chef de l’État a ensuite remonté en voiture découverte l’avenue des Champs-Élysées jusqu’à l’Arc de Triomphe pour raviver la flamme du tombeau du Soldat inconnu. Pour marquer ses priorités, l’éducation et l’intégration, François Hollande a rendu hommage tout d’abord à Jules Ferry, père de l’école laïque, gratuite et obligatoire à la fin du XIXe siècle, et Marie Curie, née en Pologne et devenue double prix Nobel français de physique et de chimie. Le choix de Jules Ferry a fait grincer des dents, en Afrique notamment, en raison de sa défense de la politique coloniale française. Mais M. Hollande s’est démarqué de cette « faute morale et politique ».
Enfin, pour fêter l’événement avec ses amis et la foule de Parisiens conviés par leur maire socialiste Bertrand Delanoë, c’est à l’Hôtel de Ville de la capitale, devant lequel l’attendaient des milliers de personnes, qu’il a achevé les cérémonies d’entrée dans ses fonctions. Le dernier bain de foule de la journée pour le président socialiste qui, à chacune des étapes de cette journée, a pris le temps d’aller serrer des mains et saluer les Français. Devant les élus parisiens, le président s’est engagé à « créer les conditions nécessaires à l’émergence d’une métropole parisienne, capable d’affronter à l’échelle pertinente tous les défis qui se présentent à elle. La France et Paris doivent encore avancer ensemble dans la conscience d’un destin partagé. Il nous revient d’engager – et j’y veillerai sûrement – une relation fondée sur le respect réciproque ».
(Source : agences)





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Malgré l' orage pour rencontrer Merkel en pleine crise, Hollande a bien nommé son Premier ministre, un style nouveau de gouverner marqué par la sobriété jamais vue en France . Antoine Sabbagha
09 h 20, le 16 mai 2012