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Technologies

Les électroniciens nippons forcés de réagir après une descente aux enfers

Beaucoup d’argent a été investi dans la fabrication de dalles d’écran et TV, mais il s’est avéré que ces financements étaient excessifs.

Pertes financières record, restructuration massive, cession d’activités, actions au plus bas en 32 ans et patrons remplacés: trois des plus grands groupes d’électronique japonais, Sony, Panasonic et Sharp, sont forcés de changer après une année infernale.
Successivement, ces trois mastodontes de réputation internationale ont annoncé des résultats calamiteux pour l’exercice achevé fin mars.
Outre une ascension continue de la monnaie japonaise qui se poursuit depuis la crise financière internationale de 2008-2009 et lamine chaque année un peu plus leurs marges et la compétitivité de leurs produits, ils ont enduré en 2011 une succession horrible d’aléas.
Après le séisme et le tsunami du 11 mars au Japon, qui a mis en panne la machine industrielle durant plusieurs semaines et sapé le moral des consommateurs, la crise en Europe s’est amplifiée, provoquant un ralentissement mondial d’activité.
Puis sont arrivées à l’automne des inondations monstres en Thaïlande, une plaque tournante de production pour les industriels nippons où nombre d’usines ont été noyées.
À ces facteurs extérieurs impondérables, se sont ajoutés des éléments prévisibles mais insuffisamment pris en compte dans les stratégies, comme la chute des ventes de téléviseurs au Japon après que tout le monde se fut équipé de modèles dernier cri en prévision de l’arrêt du signal analogique en juillet dernier.
Qui plus est, l’avance technologique dont ils jouissaient au départ sur leurs concurrents asiatiques s’est rapidement réduite, tandis que leurs coûts n’ont pas diminué aussi vite que les prix en rayon.
Comme l’a reconnu le PDG de Panasonic, Fumio Ohtsubo, «nous avons investi massivement en 2006-2008 dans la fabrication de dalles d’écran et TV, mais beaucoup de changements sont intervenus ensuite et il s’est avéré que ces investissements étaient excessifs».
Un même constat pourrait être fait pour Sharp, le pionnier des écrans à cristaux liquides (LCD), qui a misé très gros sur cette technique et qui, aujourd’hui, durement concurrencé et étranglé par la hausse du yen, ne parvient pas à rentabiliser ses usines ultramodernes, installées au Japon par souci de préserver ses technologies.
Quant à Sony, il n’a pas gagné un yen de bénéfice avec son activité centrale de téléviseurs depuis plus de huit ans à cause d’un modèle de production trop onéreux comparé à celui du sud-coréen Samsung, rival auquel il s’était pourtant allié pour la fabrication des dalles LCD.
Bilan, ces trois groupes, dont les actions ont fondu à la Bourse de Tokyo pour tomber à un plancher inédit depuis 1980 et dont les patrons ont été remplacés (Sony, Sharp) ou sont sur le point de l’être (Panasonic), sont forcés de repenser totalement leur stratégie.
Panasonic restreint drastiquement sa production de dalles pour TV et se concentre sur celles destinées aux petits écrans d’appareils nomades, moins soumis à rude concurrence car exigeant des technologies de pointe.
Idem pour Sharp qui, à son corps défendant, a dû partager ses moyens de production avec le groupe taïwanais Hon Hai, plus connu sous son nom commercial Foxconn.
Quant à Sony, il a purement et simplement abandonné la production de dalles de TV.
Reste que redresser l’activité des téléviseurs ne suffira pas pour remettre d’aplomb chacune de ces trois maisons.
C’est la raison pour laquelle Panasonic a choisi de dépenser plus de 7,5 milliards d’euros en une fois, l’an passé, pour lancer «la plus grande transformation jamais effectuée par le groupe», selon M. Ohtsubo, qui cite en exemple l’accent mis sur les produits écologiques, le développement international ou encore la montée en puissance dans les systèmes d’avionique et autres domaines professionnels.
Panasonic doit aussi repenser son activité de panneaux solaires (en grande partie héritée de Sanyo, absorbé récemment) pour éviter le syndrome des dalles d’écran.
«Il y a beaucoup de points communs entre les dalles de TV et les panneaux photovoltaïques, c’est pourquoi nous devons construire un modèle économique qui ne soit pas que fondé sur le produit lui-même, vulnérable, mais sur un ensemble fonctionnel à plus haute valeur ajoutée», a expliqué M. Ohtsubo.
Ce constat vaut aussi pour Sharp dont les panneaux photovoltaïques sont aussi une activité pilier.
Le nouveau PDG de Sony, Kazuo Hirai, a quant à lui décidé d’investir prioritairement dans quatre domaines (produits d’image numérique, jeux, appareils/applications et services mobiles, et systèmes médicaux).
Pour le reste, il prévoit de céder des filiales ou bien de constituer des partenariats, par exemple dans le domaine des batteries pour automobiles ou du stockage d’énergie.
Grâce à ces décisions, les trois groupes espèrent un rétablissement rapide, mais les actionnaires sont dubitatifs, les sachant à la merci des incertitudes conjoncturelles.
Pertes financières record, restructuration massive, cession d’activités, actions au plus bas en 32 ans et patrons remplacés: trois des plus grands groupes d’électronique japonais, Sony, Panasonic et Sharp, sont forcés de changer après une année infernale.Successivement, ces trois mastodontes de réputation internationale ont annoncé des résultats calamiteux pour l’exercice achevé fin mars.Outre une ascension continue de la monnaie japonaise qui se poursuit depuis la crise financière internationale de 2008-2009 et lamine chaque année un peu plus leurs marges et la compétitivité de leurs produits, ils ont enduré en 2011 une succession horrible d’aléas.Après le séisme et le tsunami du 11 mars au Japon, qui a mis en panne la machine industrielle durant plusieurs semaines et sapé le moral des consommateurs, la crise...
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