Les discussions avaient été interrompues, il y a trois mois, après l’échec de deux visites à Téhéran d’inspecteurs de l’AIEA. Ces derniers avaient affirmé s’être vu refuser l’accès au site militaire de Parchin, où l’Iran aurait, selon les soupçons de l’agence, procédé à des tests d’explosion conventionnelle pouvant être applicables au nucléaire, ce que Téhéran dément. En novembre, l’agence avait publié un rapport, le plus critique en huit ans d’enquête, où elle avait présenté un catalogue d’éléments indiquant que l’Iran avait travaillé à la mise au point de l’arme atomique jusqu’en 2003 et, peut-être, ensuite. L’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, qui mène les discussions à Vienne, avait qualifié le rapport de « non professionnel, déséquilibré, illégal et politisé ». Il s’en était suivi une montée des tensions entre la communauté internationale et l’Iran, ainsi qu’un renforcement des sanctions des États-Unis et de l’Union européenne.
La reprise du dialogue à Vienne est considérée par de nombreux experts comme un test des intentions de l’Iran avant la tenue de la réunion de Bagdad avec le Groupe 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne). Cette rencontre, qui fait suite à une reprise de contact jugée positive en avril à Istanbul, doit permettre d’entrer dans le vif du sujet. « Si l’Iran et l’AIEA font quelques progrès, je pense que le Groupe des 5+1 verra cela de façon positive », a indiqué un diplomate occidental sous le couvert de l’anonymat. « Notre optimisme de voir les discussions déboucher sur un progrès substantiel est limité », a-t-il cependant ajouté.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a de son côté appelé l’Occident à « changer d’attitude » vis-à-vis de l’Iran, réitérant hier que son pays ne « cédera pas d’un pas sur son droit fondamental » au nucléaire, selon l’agence IRNA. Des responsables iraniens avaient suggéré auparavant que le pays serait prêt, sous conditions, à accepter de renoncer à l’enrichissement d’uranium jusqu’à 20 %, au cœur de son conflit avec les grandes puissances. Enrichi jusqu’à 90 %, l’uranium entre dans la composition de l’arme atomique. Récemment, le quotidien Los Angeles Times avait fait état de rumeurs selon lesquelles les États-Unis pourraient envisager de laisser l’Iran enrichir à un faible degré de pureté pour produire de l’électricité, idée rejetée avec véhémence par Israël. Hier encore, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a de nouveau pressé la communauté internationale d’exiger que l’Iran cesse tout enrichissement d’uranium. « Les exigences de départ de l’Occident sont tellement minimalistes que même si l’Iran les acceptait toutes, il pourrait continuer à faire avancer son programme nucléaire », a déclaré M. Barak à la radio militaire israélienne. « Ils doivent complètement arrêter l’enrichissement d’uranium en Iran, pas même à 3,5 % », a-t-il estimé, reprenant une position énoncée en avril par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
(Source : AFP)

