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Moyen Orient et Monde - Révolte

Les pays du Golfe doutent « sérieusement » du plan Annan

Le cessez-le-feu encore violé en Syrie, au moins 37 morts hier.

Dans la ville de Qusaïr en Syrie, des habitants prient lors de la veillée funèbre d’un résident tué par les forces de sécurité. Shaam News Network/AFP

Les pays du Golfe commencent à douter « sérieusement » des chances de succès du plan pour la Syrie de l’émissaire international Kofi Annan. « La confiance dans les efforts de l’émissaire international commence à faiblir sérieusement et rapidement », a jugé hier le prince Saoud al-Fayçal, chef de la diplomatie saoudienne, qui s’exprimait au nom de six monarchies du Golfe réunies à Riyad. Le prince a commenté ainsi la situation en Syrie : « Les combats se poursuivent, la violence se poursuit, l’effusion de sang se poursuit. Rien n’a été accompli, à part le fait que le niveau de la violence a baissé. Mais peut-on considérer qu’il y a un progrès si 60 personnes sont tuées par jour au lieu de 80 ? »
Malgré les mesures de rétorsion et l’envoi d’une mission d’observateurs de l’ONU, la communauté internationale a été jusqu’ici incapable d’arrêter les violences et de faire respecter le cessez-le-feu, entré en vigueur le 12 avril conformément au plan Annan. Actuellement, 189 observateurs de l’ONU se trouvent en Syrie pour surveiller l’application du plan, que certaines composantes de l’opposition syrienne considèrent aussi comme un échec.
Hier, au moins 37 personnes – dont neuf civils – ont encore péri à travers le pays, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Vingt-trois soldats gouvernementaux et cinq militaires dissidents ont notamment été tués dans de violents combats entre l’armée régulière et des soldats passés à l’opposition à Rastane, qui échappe au contrôle du régime depuis des mois et où sont retranchés de nombreux insurgés. Des dizaines de militaires ont été blessés et trois blindés détruits, selon l’OSDH. Dimanche soir, l’armée a lancé un assaut contre cette ville après avoir « tiré pendant deux jours plus de 300 roquettes », a affirmé le commandant Sami Kurdi, porte-parole de l’Armée syrienne libre (ASL) pour la région. « L’armée a essayé de progresser en direction de la ville à l’aube, mais elle a fait face à la résistance acharnée des soldats de l’ASL », a-t-il ajouté. Un enfant y avait été tué par une roquette et des dizaines de civils blessés quelques heures avant que n’éclatent ces violents combats, a indiqué l’OSDH.
Depuis l’éclatement le 15 mars 2011 de la révolte populaire, qui s’est peu à peu militarisée, les violences ont fait plus de 12 000 morts, en majorité des civils abattus par les troupes régulières, selon l’OSDH.

Nouvelles sanctions européennes
À Bruxelles, afin d’accentuer un peu plus la pression sur le régime de Bachar el-Assad, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont adopté hier un quinzième train de sanctions contre Damas, gelant les avoirs de deux entreprises et de trois personnes considérées comme des sources de financement du régime. Désormais, 128 personnes et 43 sociétés sont visées par ces sanctions qui ciblent notamment la Banque centrale. Un embargo sur le pétrole, les armes et le matériel pouvant servir à la répression a également été mis en place. « Il est très important de maintenir la pression sur le régime », a résumé le chef de la diplomatie britannique, William Hague, au nom de ses pairs. Tout en jugeant que le plan Annan était « le bon plan et le meilleur plan pour toute sorte de transition pacifique en Syrie », M. Hague a averti que le plan Annan ne disposait « pas d’une période indéfinie pour fonctionner », sans clairement indiquer ce qui se passerait en cas d’échec.
Sur le plan politique interne, Damas a annoncé que les résultats des législatives tenues il y a une semaine seraient proclamés aujourd’hui, justifiant ce délai par le fait que plusieurs circonscriptions ont été appelées à revoter après des fraudes.

(Sources : agences et rédaction)
Les pays du Golfe commencent à douter « sérieusement » des chances de succès du plan pour la Syrie de l’émissaire international Kofi Annan. « La confiance dans les efforts de l’émissaire international commence à faiblir sérieusement et rapidement », a jugé hier le prince Saoud al-Fayçal, chef de la diplomatie saoudienne, qui s’exprimait au nom de six monarchies du Golfe réunies à Riyad. Le prince a commenté ainsi la situation en Syrie : « Les combats se poursuivent, la violence se poursuit, l’effusion de sang se poursuit. Rien n’a été accompli, à part le fait que le niveau de la violence a baissé. Mais peut-on considérer qu’il y a un progrès si 60 personnes sont tuées par jour au lieu de 80 ? »Malgré les mesures de rétorsion et l’envoi d’une mission d’observateurs de l’ONU, la...
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