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Moyen Orient et Monde - France

Fillon à l’épreuve de la vie hors de Matignon

Le Premier ministre présente sa démission et se prépare à s’imposer à une droite délabrée.

« Il n’y a pas eu de couple qui se soit aussi bien entendu dans la Ve République », selon Nicolas Sarkozy, à propos de son loyal allié. Charles Platier/Reuters

François Fillon, seul Premier ministre du quinquennat de Nicolas Sarkozy, aura su « durer et endurer » à Matignon, selon la célèbre formule d’un de ses prédécesseurs, Raymond Barre. Car celui qui fut un temps relégué par Nicolas Sarkozy au rang de simple « collaborateur » avant de s’affirmer comme un allié loyal a présenté hier la démission de son gouvernement et doit désormais affronter les réalités du monde extérieur.
Candidat aux législatives à Paris avant, peut-être, de briguer la mairie de la capitale en 2014, l’hôte exclusif de la rue de Varenne depuis 2007 a déjà préparé sa sortie. Mais sa tâche la plus redoutable sera de s’imposer dans la nécessaire recomposition qui attend une droite tiraillée de toutes parts. En effet, l’UMP pourrait, selon les mots de Marine Le Pen, s’apparenter bientôt à un « champ de ruines » miné par une terrible guerre des chefs, au rang desquels l’ennemi intime de François Fillon, Jean-François Copé. Ce dernier, secrétaire général d’une UMP écartelée par la « droitisation » orchestrée en fin de mandat par Nicolas Sarkozy et confrontée à la menace grandissante d’un Front national en quête de reconnaissance comme de respectabilité, a déjà mis fermement la barre sur l’élection présidentielle de 2017.
François Fillon voit-il aussi loin ? Pas sûr. Âgé aujourd’hui de 58 ans, il en aura 63 lors du prochain scrutin pour la fonction suprême et sera peut-être alors perçu par les électeurs comme une figure du passé. L’homme ne manque cependant pas d’atouts. Fort d’une légitimité parlementaire qui a pu le faire rêver un temps d’occuper le « perchoir » de l’Assemblée nationale, il incarne une droite compétente et raisonnable, éloignée de l’excitation et de l’improvisation que certains ont pu reprocher au président sortant.

Des écueils et des ennemis
Héritier du « gaullisme social », François Fillon est perçu à droite comme plus consensuel que d’autres, en particulier que le remuant Jean-François Copé. D’autres dans la majorité sortante ne voient toutefois aucune raison à ce que François Fillon devienne le seul maître à bord d’un navire UMP en pleine tourmente. « C’est évidemment un acteur de la majorité qui aura son rôle à jouer », formule ainsi de manière diplomatique Yves Censi, député UMP de l’Aveyron et proche de Jean-François Copé.

Dérapages contrôlés
François Fillon ne manque pas de constance non plus, notamment pour réaffirmer sans cesse la nécessité de réduire les déficits ou pour se poser en défenseur des valeurs de la République et en pourfendeur des extrêmes. Depuis sa reconduction à Matignon en novembre 2010, après que de nombreux observateurs eurent prédit qu’il céderait sa place au centriste Jean-Louis Borloo, il a cependant changé de registre. Celui qui avait jusqu’alors toujours marqué, par petites touches prudentes, la distance qui le séparait de Nicolas Sarkozy s’est mué en exégète du discours de celui qui l’a pourtant repoussé longtemps dans l’ombre sans ménagement. Rangé en campagne derrière le chef de l’État, François Fillon est même allé jusqu’à se départir de sa proverbiale mesure, créant une polémique en critiquant la candidate écologiste Eva Joly pour ses lacunes en matière de « culture française ». Parler de dérapages serait néanmoins excessif à propos de ce passionné de course automobile qui sait en outre parfaitement les contrôler. L’avenir proche dira s’il peut, loin des circuits balisés qu’il lui faut maintenant quitter, rouler vers un nouveau destin.
Par ailleurs, si les relations au sein du couple exécutif sortant ont été en dents de scie, M. Fillon a eu droit mercredi à un hommage appuyé de Nicolas Sarkozy. « Il n’y a pas eu de couple qui se soit aussi bien entendu dans la Ve République », a ainsi affirmé le président sortant, selon plusieurs témoignages. « On était différents. Heureusement qu’on était différents, les deux mêmes ça aurait été insupportable », a-t-il ajouté.
(Sources : agences)
François Fillon, seul Premier ministre du quinquennat de Nicolas Sarkozy, aura su « durer et endurer » à Matignon, selon la célèbre formule d’un de ses prédécesseurs, Raymond Barre. Car celui qui fut un temps relégué par Nicolas Sarkozy au rang de simple « collaborateur » avant de s’affirmer comme un allié loyal a présenté hier la démission de son gouvernement et doit désormais affronter les réalités du monde extérieur.Candidat aux législatives à Paris avant, peut-être, de briguer la mairie de la capitale en 2014, l’hôte exclusif de la rue de Varenne depuis 2007 a déjà préparé sa sortie. Mais sa tâche la plus redoutable sera de s’imposer dans la nécessaire recomposition qui attend une droite tiraillée de toutes parts. En effet, l’UMP pourrait, selon les mots de Marine Le Pen, s’apparenter...
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