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Moyen Orient et Monde - Chine

Chen défie Pékin sur ses deux ans de résidence surveillée

Le militant Chen Guangcheng a mis hier le gouvernement chinois au défi de prouver qu’il n’était pas responsable de son assignation à résidence extrajudiciaire dans son village de la province du Shandong et de punir les cadres locaux qui ont fait de sa maison une véritable prison pendant près de deux ans. Aux autorités, « j’ai dit que si elles n’enquêtaient pas, tout le monde penserait qu’elles ont ordonné » la mesure de résidence surveillée, a ajouté l’avocat aveugle depuis son lit d’hôpital. D’ailleurs, des sinologues ont récemment fait valoir que Pékin pourrait effectivement sauver la face en rejetant la responsabilité de cette embarrassante affaire sur les autorités du Shandong.
Champion de la lutte contre les avortements et stérilisations forcés en Chine, Chen Guangcheng avait déjà purgé une peine de quatre ans de prison entre 2006 et 2010 avant d’être placé de facto en résidence surveillée, une mesure prise sans décision de justice. Des dizaines, voire une centaine de gardes, entouraient sa maison ou les abords de son village de Dongshigu 24 heures sur 24, l’empêchant ainsi que sa femme de quitter leur domicile et de recevoir des visiteurs chez eux. « Pendant deux ans, ils ne m’ont pas permis de communiquer avec le monde extérieur. Je n’ai pu rencontrer d’amis, ils ne m’ont pas laissé lire de journaux, ils ont même confisqué notre télévision et notre radio », a précisé le militant des droits civiques.
En outre, le refuge qu’a trouvé Chen fin avril, après son évasion du Shandong, à l’ambassade des États-Unis, a été au centre d’une crise diplomatique entre Pékin et Washington la semaine dernière. À l’issue de cet imbroglio qui a plombé une visite à Pékin de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, le gouvernement américain a promis d’accorder rapidement à Chen un visa pour aller étudier aux États-Unis. Pékin avait auparavant annoncé que le militant pouvait faire une demande de passeport pour quitter son pays, mais il attendait toujours hier son passeport chinois à l’hôpital Chaoyang de Pékin. Il y a été admis il y a une semaine et, selon ses dires, se retrouve une nouvelle fois quasiment sous le régime de la résidence surveillée : il ne peut recevoir de visiteurs ni quitter l’hôpital, sa femme et ses deux enfants non plus. Dans un éditorial hier, le quotidien officiel Global Times estimait d’ailleurs que l’affaire Chen était « utilisée » par « certaines forces politiques extérieures » qui souhaitent « attirer l’attention du monde entier » et « en faire une question aussi grave que les événements de Libye ou de Syrie ».
(Source : AFP)
Le militant Chen Guangcheng a mis hier le gouvernement chinois au défi de prouver qu’il n’était pas responsable de son assignation à résidence extrajudiciaire dans son village de la province du Shandong et de punir les cadres locaux qui ont fait de sa maison une véritable prison pendant près de deux ans. Aux autorités, « j’ai dit que si elles n’enquêtaient pas, tout le monde penserait qu’elles ont ordonné » la mesure de résidence surveillée, a ajouté l’avocat aveugle depuis son lit d’hôpital. D’ailleurs, des sinologues ont récemment fait valoir que Pékin pourrait effectivement sauver la face en rejetant la responsabilité de cette embarrassante affaire sur les autorités du Shandong.Champion de la lutte contre les avortements et stérilisations forcés en Chine, Chen Guangcheng avait déjà purgé une...
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