Rechercher
Rechercher

Agenda

Colloque du Cercle d’études psychanalytiques sur le thème « Mères-filles, mères-fils »

Comme chaque année, le Cercle d’études psychanalytiques (CEP), en association avec l’Université pour tous (UPT), organise un colloque sur le thème « Mères-filles, mères-fils », au campus des sciences médicales, amphi C. Le colloque aura lieu le samedi 12 mai de 8h à 18h30. Entrée libre. En voici l’argument, tel que rédigé par le professeur Mounir Chamoun :
« La maternité doit être réinterprétée comme une puissance et revendiquée comme une force. Elle est un modèle de création sans être incompatible avec toutes les autres formes de créativité ou d’expression dans lesquelles les femmes voudront manifester leur liberté. »
Sylvaine Agacinski, Politiques des sexes (Le Seuil 1998).
Si la transmission biologique est principalement l’œuvre des mères, la transmission psychique et culturelle l’est autant, dont dépend, sans nul doute, la pérennité de l’humain où que ce soit sur la planète. La langue qu’elle transmet est appelée maternelle ; elle appartient pourtant tout aussi bien au père qui la transmet également par sa parole, véhicule du sens et du socius. Mais, que cette transmission est ambivalente! Elle peut s’accomplir dans la liberté, comme elle peut s’accompagner souvent de contrainte et d’emprise parce qu’elle n’échappe que très peu à la répétition et aux projections des interdits intériorisés. Pour apprendre à vivre, il faut une mère. Depuis Winnicott, répétant Freud, chose qu’on oublie souvent, un enfant ça n’existe pas ; il est inscrit dans un environnement qui n’est rien d’autre, en premier, que sa mère et les soins qu’elle lui prodigue. Se mirant d’abord dans ses yeux et reconnaissant sélectivement son visage, l’enfant humain s’inscrit par elle dans la réalité extérieure tout en se connaissant progressivement comme un être séparé. Cette séparation-individuation, chère à Mélanie Klein, prélude à l’existence autonome et tisse cumulativement la trame de la subjectivation. Si la mère transmet les axes de la féminité à la fille et si elle l’introduit dans les arcanes de la sexualité et dans sa vocation matricielle, elle induit chez le garçon la grande complexité de la féminité et de la virilité combinée, par la figure du père qu’elle lui apprend à construire dans son inconscient. C’est dans ce sens que les mères sont redoutables, pour reprendre l’affirmation solennelle de Goethe, parce qu’elles tiennent en main les nervures de la formation de la psyché de l’enfant et, de ce fait, de l’humanité entière.
À la transmission psychologique inéluctable s’ajoute la transmission que nous pourrions appeler anthropologique. Lui revient, par le truchement des soins corporels, l’apprentissage de ce que le sociologue Marcel Mauss appelait les techniques du corps et l’insertion de l’être humain dans la matérialité du monde extérieur. Cette action est accomplie par l’éducation aux rites et aux traditions, aux différents rythmes de la temporalité, scandés par les impulsions vitales et les exigences de l’accommodation. C’est là que prennent racines les formules terre mère ou mère patrie, Gaia, et que s’inscrivent, dans le paradigme maternel, des vérités fortes comme la réalité nationale ou l’appartenance communautaire. La terre, comme la mère, est nourricière et toutes les deux peuvent gratifier ou frustrer, épanouir ou contraindre. L’emprise peut empêcher d’être, bien que la position des limites soit nécessaire pour l’édification de la personnalité et la structuration du pouvoir volontaire dans le registre de l’organisation de la conduite. L’emprise sur la fille peut correspondre à la confiscation de son destin de femme libre, apte aux décisions personnelles, et l’emprise des mères sur leurs garçons est parfois synonyme de la revanche qu’elles prennent sur des maris décevants, par leur progéniture masculine interposée.
Les trois spécialistes de ces questions, professeurs d’universités et psychanalystes, Mme Houria Abdelouahed, Mme Françoise Couchard et Mme Sophie de Mijolla-Mellor, mettront à contribution leur savoir et leur expérience, pour éclairer ces problèmes délicats, tandis que Mounir Chamoun et Sandra Khawam donneront un témoignage relatif au terrain proche-oriental et libanais.
Rabindranath Tagore, dans L’offrande lyrique (Gallimard 1914), bien avant Freud, Mélanie Klein ou Winnicott, définissait ainsi, dans un élan poétique, le rapport à la mère :
« L’enfant trouve sa mère lorsqu’il a quitté ses entrailles.
Et parce que j’ai été séparé de toi et jeté loin de ton seuil, je suis libre de contempler ton visage. »
Comme chaque année, le Cercle d’études psychanalytiques (CEP), en association avec l’Université pour tous (UPT), organise un colloque sur le thème « Mères-filles, mères-fils », au campus des sciences médicales, amphi C. Le colloque aura lieu le samedi 12 mai de 8h à 18h30. Entrée libre. En voici l’argument, tel que rédigé par le professeur Mounir Chamoun : « La maternité doit être réinterprétée comme une puissance et revendiquée comme une force. Elle est un modèle de création sans être incompatible avec toutes les autres formes de créativité ou d’expression dans lesquelles les femmes voudront manifester leur liberté. »Sylvaine Agacinski, Politiques des sexes (Le Seuil 1998).Si la transmission biologique est principalement l’œuvre des mères, la transmission psychique et culturelle l’est...