Mais ce que l’on voit plus clairement, c’est que les deux camps fourbissent leurs armes avec une ardeur redoublée. L’entourage du président sortant a déjà encaissé le « lâchage » du candidat centriste François Bayrou et auparavant celui de Marine Le Pen en se consolant du fait qu’après tout, il ne s’agit pas de mot d’ordre aux électeurs mais d’attitudes personnelles permettant à des électeurs centristes et FN de faire un choix différent.
Et si toute activité publique reste interdite aujourd’hui, samedi, pour respecter la trêve de rigueur et permettre aux états-majors de mettre, avec la sérénité qui s’impose, la dernière touche à la « mère des batailles », dimanche, la consigne et la règle d’or restent qu’il faut se démener jusqu’à la dernière minute par les moyens des plus directs, c’est-à-dire des contacts et des arguments qui peuvent faire mouche.
Pour parler des électeurs libanais, ils restent en majorité pro-Sarkozy avec cependant certains d’entre eux qui n’ont pas apprécié l’amalgame entre les Arabes, l’islam, le voile, la consommation de viande halal et d’autres dérives évoquées lors du grand duel télévisé de mercredi dernier.
Un face-à-face qui, selon des observateurs neutres, n’a pas modifié les intentions de vote. Contrairement à la « bombe » du site d’information Médiapart sur la contribution de Kadhafi à la campagne du président Sarkozy en 2007 qui, malgré les démentis de deux anciens responsables libyens, a suscité des interrogations sur le faste avec lequel le défunt chef de la Jamahiriya a été accueilli à Paris, juste après l’élection de Nicolas Sarkozy.
Hier, dans les bistrots et cafés de Paris, le clivage gauche-droite était plus visible que jamais avec des commentaires à haute voix et des interpellations d’une table à l’autre. Avec parfois drapeaux et banderoles à proximité, prêts à être déployés dimanche.
Dans les rues, chacun vaquait à ses occupations en se demandant ce qui pourrait changer lundi pour le simple citoyen. Seule la question des procurations de vote en dernière minute apportait un brin de fébrilité sur la place publique.
La seule activité qui a gardé la même intensité était au niveau des préparatifs de la célébration de dimanche soir. Salles parées pour les grands jours, buffets et caves soigneusement achalandés, slogans et discours préparés avec le même enthousiasme, chaque camp se considérant déjà vainqueur.
En réalité, aucun des deux ne veut croire un seul instant qu’il pourrait se trouver dimanche soir du mauvais côté...

