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Nos lecteurs ont la parole

Le travail, l’homme et la société

Par Sylvain THOMAS
À l’occasion de la fête du Travail, une pensée effleure notre esprit. Si certains peuvent se targuer de travailler et de célébrer cette fête, il y a ceux qui ne travaillent pas parce qu’ils sont tout simplement chômeurs.
Le chômage est reconnu comme le problème numéro un de la société libanaise. Il gangrène les pays en voie de développement et plombe souvent leurs velléités de progrès social, il menace même les valeurs démocratiques de notre pays. Comment peut-on être citoyen et chômeur? Peut-on participer au fonctionnement de la société libanaise si l’on ne contribue pas au développement de ses richesses? Toute société fonde son organisation sur la valeur «travail» qui constitue non seulement un droit pour chacun, mais aussi un devoir. Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Seuls ceux qui, pour des raisons de handicap ou de fragilités personnelles, ne peuvent travailler ont droit à une assistance financière pour avoir les moyens convenables d’existence.
Le travail, l’emploi doivent assurer les ressources qui permettent de vivre mais aussi d’inscrire chaque citoyen dans sa contribution à la richesse de la nation libanaise.
Si nous voulons vraiment une société démocratique, il est temps de faire de l’égalité un vrai projet politique. La confusion entre la politique et les bons sentiments n’a jamais été l’occasion de faire avancer la dignité humaine. L’égalité situe les individus dans des relations de contrats et de reconnaissance mutuelle et non pas dans une dépendance aussi généreuse soit-elle d’une société de bienfaisance. La dignité de la personne trouve mieux son expression dans l’application démocratique que dans le développement de la charité fraternelle même modernisée dans sa forme. L’accès au marché du travail devient une priorité, un préalable incontournable d’une société dite démocratique. Le travail donne l’indépendance économique et intellectuelle qui permettent à tout un chacun d’exercer sa citoyenneté. Ainsi chacun peut être reconnu pour ce qu’il fait et non pas pour son statut, ou son absence de statut, ou bien encore pour son appartenance communautaire, car la précarité au travail touche toutes les catégories de la population, tous les types d’emploi.
Le contenu du travail change profondément et n’échappe pas en cela à l’accélération du mode de fonctionnement de la société libanaise. L’espace et le temps se diluent. On peut travailler à peu près n’importe où et n’importe quand. La pénibilité physique diminue alors que les charges mentales, le stress augmentent. De plus en plus nombreux sont ceux pour qui le travail ne s’arrête pas à la sortie du bureau ou de l’usine. Les soucis professionnels s’invitent à la maison, et la frontière entre temps de travail et temps disponible s’estompe. Dans ces conditions le travail exige du salarié non pas nécessairement une présence mais surtout une mobilisation de ses moyens personnels, de son intelligence pour donner la plus grande efficacité aux outils qui lui sont confiés dans le but d’obtenir un résultat.
Le rôle du politique ne doit pas se limiter à la gestion administrative de la collectivité. Il doit véhiculer les valeurs d’espérance et de foi dans l’avenir. Comme nos futurs élus politiques ne feront que représenter le corps social, ils ne pourront assumer pleinement ce rôle que si les citoyens libanais eux-mêmes s’intéressent à l’action politique, la prennent en charge en faisant le bon choix des candidats aux élections législatives. La culture, la formation, l’éducation et l’expérience du passé ne leur manquent pas pour voter en faveur des meilleurs candidats.
En fait, le travail actif n’a peut-être pas d’autre intérêt que celui de reconnaître à chacun le droit de contribuer par son activité et ses convictions consciencieuses à la construction d’une nouvelle société libanaise, autant que la société libanaise a besoin de la participation de chacun pour un avenir meilleur et pour un Liban avec un pourcentage minimum de chômeurs.
À l’occasion de la fête du Travail, une pensée effleure notre esprit. Si certains peuvent se targuer de travailler et de célébrer cette fête, il y a ceux qui ne travaillent pas parce qu’ils sont tout simplement chômeurs.Le chômage est reconnu comme le problème numéro un de la société libanaise. Il gangrène les pays en voie de développement et plombe souvent leurs velléités de progrès social, il menace même les valeurs démocratiques de notre pays. Comment peut-on être citoyen et chômeur? Peut-on participer au fonctionnement de la société libanaise si l’on ne contribue pas au développement de ses richesses? Toute société fonde son organisation sur la valeur «travail» qui constitue non seulement un droit pour chacun, mais aussi un devoir. Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi....
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