Sur la campagne la plus méchante, parce que la plus creuse (il faut bien que ceci compense cela...), de ces dernières décennies, tout ou presque a été dit ; nous avons eu droit, des semaines durant, à des analyses pertinentes et à d’autres qui l’étaient moins ; les programmes d’action ont été passés au scanner, de même que les portraits des candidats, y compris celui de ce brave Jacques Cheminade. L’essentiel pourtant n’est pas dans ces babioles mais dans le « besoin de changement » que ressent périodiquement l’électeur français. C’est « une question d’hygiène », écrit William Abitbol, ancien fidèle de Charles Pasqua, ajoutant sur son blog lesbonsjoursdalfred.fr : « Comme le faisaient nos grands-mères, c’est le moment de retourner le matelas. » Rien de plus éloquent pour traduire cet état d’esprit (cette humeur, devrait-on dire) que les réponses à un sondage Ipsos-Le Point : pour 86 pour cent des personnes interrogées, l’actuel locataire de l’Élysée a la stature d’un président, contre 16 pour cent pour son adversaire. À la question de savoir lequel des deux hommes inspire davantage confiance, le premier l’emporte par 37 pour cent contre 31 pour cent. Mais voilà, Hollande représente ce fameux renouveau, principale aspiration de Monsieur Tout-le-Monde (65-8 pour cent) et contre cela, tous les programmes du monde ne pourront rien.
Résultat : on vote « contre » et non pas « pour », ce qui nous ramène à la fameuse constatation jadis faite, à propos du Liban, par Georges Naccache, pour qui deux « non » ne font pas un « oui ». Enferré dans une argumentation basée sur le « travailler plus pour gagner plus », le chef de l’État a compris trop tard que ses compatriotes ne voulaient écouter que la seconde partie de la proposition. D’où le fait que la journée-test de dimanche prochain est appelée à prendre la forme d’une opération d’exorcisme, comme si le corps électoral voulait à tout prix tourner le dos à ce qui, il y a cinq ans, lui paraissait évident. Confronté aux vagues successives qui ont failli balayer l’une après l’autre les digues protégeant le système économico-financier mondial, il est permis de douter que quiconque aurait fait mieux que le président sortant. Tout comme il y a lieu de craindre que son successeur ne soit pas capable de relever les défis des prochaines années. À moins de renier – Paris vaut bien toutes les messes socialistes – les engagements du missel socialiste, comme l’avait fait il y a trente ans un certain François Mitterrand.
Dans six jours, ce n’est pas seulement le sort de la France qui sera en jeu, c’est aussi une certaine idée de l’Europe, héritière d’une lignée de défricheurs allant de Robert Schuman à Jacques Delors; c’est aussi l’avenir du socle franco-allemand sur lequel repose cette construction voulue par de Gaulle et Adenauer; c’est enfin le maintien ou la disparition d’une monnaie unique, menacée aujourd’hui par les crises grecque, italienne, espagnole et depuis peu hollandaise. C’est là un legs, une entreprise, un défi cruciaux pour le Vieux Continent mais aussi pour le reste du globe. Bien plus important en tout cas que le sort d’un parti tiré par le 21e président de la République des limbes de l’oubli où l’avaient plongé Guy Mollet et ses preux camarades.
De la glorieuse épopée entreprise par Jaurès puis par Blum, subsistent des souvenirs que l’on n’a cessé d’égrener comme pour entretenir une flamme vacillante. De quoi animer les veillées rue de Solferino, en somme. Nettement insuffisants pour élaborer une stratégie viable en ces temps peu fertiles en miracles.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
La France et pas seulement Hollande ou sarko a un rôle crucial à jouer en Europe et dans le monde.Ce qui est écrit sur sarko par Merville est vrai, sur Hollande aussi, mais les français savent comment pense leur président sortant, et à l'inverse des américains qui votent et se vautrent, les français plus politisés vous collent à la culotte comme un défenseur d'une équipe de foot, dès leur bulletin introduit. C'est comme le menteur quand il commence à vouloir dire vrai, sarko a trop joué avec l'intelligence du peuple et c'est le peuple qu'il veut rattraper, trop tard celui ci s'est dispersé vers les plus acharnés contre sa politique, les plus déçus étant des gens de la droite, Le pen , Bayrou, Dupont Aignan..L'optimisme sera que si l'Europe sort de ses ornières lobiyistes, elle aura encore un rôle à jouer, débarassée de ses contraintes de vassalité à l'oncle Sam.
05 h 22, le 01 mai 2012