Le chef radical chiite Moqtada Sadr, venu jeudi d’Iran où il poursuit ses études religieuses, s’est présenté comme un médiateur entre le président du Kurdistan, Massoud Barzani, et le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, qui sont à couteaux tirés. Azad Lashkari/Reuters
« Moqtada Sadr a évoqué (avec Massoud Barzani) divers sujets lors de sa visite au Kurdistan, notamment celui de ne pas accorder un nouveau mandat à Nouri al-Maliki, considérant que ce dernier a déjà pris position en ce sens », a affirmé Dhia al-Assadi, secrétaire général du bloc Ahrar, qui regroupe les 40 députés sadristes au Parlement. M. Maliki, en poste depuis mai 2006, avait indiqué en février 2011 qu’il ne solliciterait pas un troisième mandat avant de revenir sur ses propos et d’adopter une position plus ambiguë. Selon M. Assadi, le dirigeant radical chiite a discuté des « problèmes entre le chef de la région (Massoud Barzani) et le gouvernement fédéral », et « a appelé à soutenir le gouvernement actuel et à ne pas le renverser à condition que tous les Irakiens puissent y participer ». Il s’est ainsi différencié de M. Barzani et des Kurdes qui fustigent, aux côtés de la formation laïque Iraqiya, le pouvoir personnel de Nouri al-Maliki et veulent le renverser par une motion de censure au Parlement. Pour M. Assadi, « la principale préoccupation de Moqtada Sadr est d’obtenir de meilleurs services publics et que la richesse de l’Irak (le pétrole) bénéficie à tous les Irakiens ».
Les sadristes font partie de la grande coalition chiite (159 députés sur les 325 sièges du Parlement) qui appuie le Premier ministre tout en le critiquant.
Par ailleurs, sur le plan sécuritaire, une famille sunnite a été assassinée hier dans un village au nord de Bagdad au lendemain d’un double attentat meurtrier contre un café fréquenté par des chiites, a indiqué la police, soupçonnant une opération de représailles.
(Source : AFP)

