Moqtada Sadr et Massoud Barzani. Safin Hamed/AFP
« J’ai rencontré Nouri al-Maliki à Téhéran et je suis venu ici pour écouter l’opinion et les points de vue des dirigeants kurdes. Chacun doit regarder l’intérêt général et l’unité du peuple irakien et j’espère que chacun fera preuve de responsabilité », a-t-il dit. Il a critiqué indirectement M. Maliki, qu’il avait déjà qualifié de dictateur, en affirmant que « les minorités représentent une part importante de l’Irak ».
Dans un pays à majorité chiite, les Kurdes comme la formation laïque Iraqiya, soutenue par les sunnites, fustigent le pouvoir personnel de Nouri al-Maliki et l’accusent de prendre ses décisions sans consulter son gouvernement. Mais M. Sadr a également implicitement blâmé les Kurdes. « L’intérêt national, l’unité de l’Irak et son indépendance doivent primer sur l’intérêt confessionnel ou ethnique », a-t-il ajouté. Le chef chiite s’en est pris aussi à la Turquie qui avait accusé le Premier ministre de discrimination à l’égard des sunnites. « Nous rejetons l’interférence de n’importe quel pays dans les affaires intérieures irakiennes », a-t-il dit.
« C’est une visite historique qui renforcera les relations entre le Kurdistan et le reste de l’Irak et qui va permettre d’offrir plus de stabilité dans la situation politique du pays », a estimé Fouad Hussein, chef du bureau de la présidence kurde. Auparavant, lors d’une conférence de presse à Bagdad, le porte-parole de Moqtada Sadr, cheikh Salah al-Obeidi, avait indiqué qu’une telle action était nécessaire pour « résoudre la crise » en Irak. Le chef du Kurdistan autonome, Massoud Barzani, inquiet des conséquences d’un pouvoir fort à Bagdad, a multiplié ces derniers temps les attaques contre le chef du gouvernement irakien l’accusant de se conduire en dictateur en concentrant tous les pouvoirs entre ses mains.
Après sa visite à Erbil, M. Sadr pourrait se rendre à Najaf, au centre de l’Irak, selon un responsable de son bureau.
(Source : AFP)

