MM. Siniora et Gemayel sont tous deux favorables à un gouvernement neutre pour gérer les législatives. Photo Dalati et Nohra
Exposant l’objectif de sa visite, M. Siniora l’a placée dans le cadre des concertations régulières avec le dirigeant phalangiste, avant de souligner la relation stratégique entre les Kataëb et le courant du Futur.
Concernant le dossier de la loi électorale, examiné au cours de l’entretien, le député a mis l’accent sur « l’élaboration d’un texte qui permettra aux électeurs d’exercer leur droit, libres de toutes contraintes ou pressions ». Selon lui, la proportionnelle est à retenir, « mais ce système pourrait être applicable ultérieurement et non pas actuellement au Liban, parce que les conditions nécessaires pour qu’un électeur puisse exercer librement son droit au vote n’existent pas ». « Ce droit ne peut pas être assuré dans un endroit et inexistant dans un autre », a-t-il insisté.
À son tour, M. Gemayel a expliqué que les Kataëb n’ont pas proposé la proportionnelle comme système électoral, ajoutant que l’application de la loi Boutros bute sur de nombreux obstacles et qu’il est nécessaire d’étudier le meilleur système pour le Liban. Il a fait état d’une coordination absolue avec le courant du Futur et ses alliés afin de trouver la formule pouvant assurer une représentation authentique des électeurs.
« Nous sommes, a-t-il dit, sur la même longueur d’onde à ce sujet. Cette orientation n’est pas celle de l’opposition seulement puisque certaines composantes de la majorité partagent notre point de vue. Rien n’empêche une coordination entre tous. »
En réponse à une question, M. Siniora a par ailleurs démenti avoir proposé la formation d’un gouvernement neutre sous la présidence de Nagib Mikati. « Le courant du Futur, a-t-il expliqué, considère que l’équipe actuelle a certes eu quelques réalisations à son actif, mais qu’elle a aussi commis de nombreuses erreurs, à cause du comportement de plusieurs parmi ses membres hantés par la rancœur, les rancunes et la chasse aux fantômes. » Pour le chef du bloc du Futur, le gouvernement Mikati n’est pas en mesure de gérer les affaires du pays « et encore moins la consultation populaire, qui commande la présence d’un gouvernement neutre ». M. Siniora, dont le point de vue est partagé par le président des Kataëb, a invité la majorité à réagir favorablement à cette proposition.

