Qui d’entre nous n’a pas eu un léger sourire ou un timide éclat de rire ou encore un rictus, en regardant – même brièvement – le «théâtre/spectacle» qui s’est offert à nous durant trois longs et interminables jours, la semaine dernière?
Scène humoristique ou acte dramatique? Une chose est certaine, c’est qu’après nos sourires fugaces et éphémères, la réalité a vite repris le dessus et la vérité, qui nous ronge continuellement, a rapidement repris sa place dans nos esprits, laissant libre cours à une profonde tristesse, une déception, une révolte ou une haine contre ce système politique en faillite.
Nous nous sommes rappelés une fois de plus (même si, au fond, nous ne l’avons jamais oublié), de quelle façon notre pauvre pays est géré et gouverné et nous avons compris une fois de plus pourquoi notre petit paradis devient un désert aride, alors que les déserts qui nous entourent se transforment en eldorados.
Nous nous sommes également rendu compte, une fois de plus, que ni la majorité ni l’opposition n’étaient vraiment bien organisées, que leurs actions n’étaient pas réellement coordonnées, sauf que pour s’attaquer les uns les autres, à tort ou à raison, dans une ambiance digne des quartiers les plus malsains...
Nous avons essayé de comprendre qu’à travers les brouhahas qui planaient au cours des séances journalières, le véritable objectif de ce débat stérile n’était que de préparer le terrain aux prochaines élections (si elles ont lieu), au détriment des droits et des revendications des pauvres électeurs qui peinent à survivre et à subvenir à leurs besoins élémentaires.
Devrions-nous être surpris d’apercevoir ces mêmes protagonistes déjeuner ensemble durant leurs pauses, dans une ambiance conviviale où leurs rires et leurs blagues dominaient la musique ambiante des restaurants du centre-ville? Et une fois devant les caméras, les vestes retournées, chacun reprenait son rôle originel sur la scène éclairée...
Cette fausse intimité, cette infidèle amitié nous ont rappelé les tristes souvenirs de la guerre, lorsque les miliciens qui se tiraient dessus en journée, trinquaient ensemble le soir à la santé des pauvres innocents qui payaient le prix le plus lourd d’un conflit incompréhensible qui avait été importé!
Qui a gagné? La réponse est claire: les élus du peuple, tous bords confondus, ont gagné avec des «10/10» bien mérités. Qui a perdu ? La réponse est encore plus évidente: le peuple a perdu, le Liban a perdu... encore et encore et pour la énième fois.
C’est vrai que nous aurions préféré assister à un vrai débat démocratique, un réel choc d’idées, une confrontation ou comparaison de projets productifs au service du peuple, des entreprises, des investisseurs. Mais, malgré notre profonde déception, nous ne leur offrirons pas le luxe de désespérer ni d’abandonner. Au contraire, cette médiocrité devrait attiser en nous une volonté de continuer notre lutte pour un avenir meilleur, pour nos enfants, nos entreprises et notre pays.
Le succès de la réussite réside dans la persévérance.
Non, nous n’abandonnerons pas. Quels que soient le prix et le résultat.
Dr Fouad ZMOKHOL
Président du Rassemblement des dirigeants et chefs
d’entreprise libanais (RDCL)

