Le ministre allemand de l’Économie a balayé le reproche souvent fait à son pays de ne pas en faire assez pour soutenir la conjoncture en Europe. Kay Nietfeld Germany Out/AFP
Berlin a confirmé des estimations datant de janvier, à savoir une progression du produit intérieur brut de 0,7 % en 2012 et de 1,6 % en 2013, après une forte croissance de 3 % l’an dernier.
Le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que les principaux économistes allemands avaient au contraire choisi récemment de relever leurs projections pour la première économie européenne.
Même relevée, la prévision du FMI reste inférieure à celle du gouvernement allemand (+0,6 % en 2012 et +1,5 % en 2013). Le scénario est différent pour les principaux instituts de conjoncture allemands, résolument optimistes et qui tablent sur +0,9 % cette année, et +2 % l’an prochain.
« L’économie allemande est en excellente position, mais nous avons délibérément choisi de faire des prévisions prudentes. Les risques internationaux restent élevés. La crise de la dette en zone euro n’est pas réglée », s’est justifié le ministre de l’Économie Philipp Rösler, en présentant ces estimations à la presse.
« Les évolutions positives en Allemagne montrent que la consolidation budgétaire et de courageuses réformes structurelles du marché du travail payent. C’est un message important à nos partenaires en Europe », a-t-il ajouté.
La leçon semble s’adresser aussi bien aux Pays-Bas, où le gouvernement vient d’imploser faute d’accord sur la rigueur budgétaire, qu’au futur président français. Le favori dans cette élection, le socialiste François Hollande, veut que la croissance occupe plus de place dans la stratégie de la zone euro.
M. Rösler a par ailleurs assuré que la Banque centrale européenne avait le « soutien (du gouvernement allemand) pour revenir à un fonctionnement normal et se concentrer sur sa mission, qui est claire, à savoir la stabilité des prix ».
La France notamment fait campagne pour que le mandat de la BCE soit élargi afin de mentionner également un rôle de soutien de la conjoncture.
Le ministre de l’Économie a par ailleurs balayé le reproche souvent fait à l’Allemagne de ne pas en faire assez pour soutenir la conjoncture en Europe.
« Nous sommes un moteur de croissance », a assuré M. Rösler, assurant que l’économie allemande, souvent vue exclusivement comme une machine à exporter, était désormais soutenue « par la demande intérieure », donc les investissements des entreprises et les dépenses des ménages.
« Nos importations augmentent plus vite que nos exportations », a-t-il assuré.
Le gouvernement a reçu hier le soutien de l’influente Banque centrale allemande dans sa campagne pour plus de discipline budgétaire en Europe.
« Les principes d’une monnaie saine, de finances publiques saines et d’une économie compétitive (...), loin d’être une conviction spécifiquement allemande, contribuent au bien-être des citoyens en zone euro », a dit Andreas Dombret, membre du directoire de la Bundesbank.
Le patron de la fédération des employeurs allemands (BDA), Dieter Hundt, a lui opté hier pour une position plus nuancée lors d’une rencontre à Berlin avec la presse étrangère.
Il a fait savoir qu’il « regretterait fort » que la France bloque le pacte budgétaire en cours de ratification en zone euro, mais a estimé que ce dernier devait être complété par des mesures de croissance, comme le demande M. Hollande. « Je pense que nous devons à la fois prendre des mesures de consolidation budgétaire et des mesures générant de la croissance », a-t-il dit.
(Source : AFP)


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