La Banque centrale des États-Unis (Fed) a annoncé hier qu’elle maintenait le cap de sa politique monétaire ultra-accommodante, en dépit du niveau élevé de l’inflation. Karen Bleier/Files/AFP
L’économie croît de façon « modérée », a indiqué le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) dans un communiqué publié à l’issue de deux jours de réunion à Washington.
Tenant compte du ralentissement des embauches du mois de mars, le FOMC note que « la conjoncture du marché de l’emploi s’est améliorée » mais que le taux de chômage (officiellement à 8,2 %) reste « élevé ».
Cela décrit des circonstances un peu moins favorables que celles que le comité relevait lors de sa réunion précédente, le 13 mars, quand il écrivait que la situation du marché de l’emploi s’était « encore améliorée ».
Selon les dirigeants de la Fed, les dépenses de ménages et l’investissement des entreprises « ont continué de progresser », mais « en dépit de signes d’amélioration, le secteur du logement reste déprimé ».
« L’inflation s’est quelque peu redressée », ajoute le comité, y voyant toujours un effet passager lié à la hausse des prix du pétrole et de l’essence. »
Pour la Fed, « la croissance économique devrait rester modérée dans les trimestres à venir puis se redresser progressivement », le chômage devrait continuer de baisser « progressivement » également et l’inflation converger vers l’objectif du FOMC (2,0 % à moyen terme).
En conséquence, indique le comité, la Réserve fédérale maintient son taux directeur quasi nul en vigueur depuis décembre 2008 et compte poursuivre comme prévu jusqu’en juin son opération lancée en octobre pour faire baisser encore un peu plus les taux d’intérêt à long terme.
Vu que l’inflation risque d’être trop faible pendant quelque temps avant de revenir au niveau désiré et « afin de promouvoir une reprise économique plus forte », le FOMC prévoit de maintenir une politique monétaire « hautement accommodante » pendant un certain temps.
Le comité continue de prévoir a priori le maintien d’un taux directeur « exceptionnellement bas (...) jusque fin 2014 au moins ».
Il indique que comme en mars et en janvier, un de ses membres, Jeffrey Lacker, s’est opposé à cet engagement. M. Lacker juge que cette annonce n’a plus lieu d’être, vu que la reprise économique entamée à l’été 2009 continue de s’améliorer.
La Fed a pour mission de favoriser à la fois le plein emploi et la stabilité des prix. Le consensus majoritaire au sein du FOMC est que la relative faiblesse des pressions inflationnistes permet de maintenir encore longtemps une politique monétaire ultra-accommodante pour soutenir la reprise économique entamée à l’été 2009.
Les derniers chiffres de l’inflation ont montré cependant que si la hausse des prix ralentit, elle était encore de 2,7 % sur un an en mars, bien au-dessus de l’objectif de la Fed (2,0 % à moyen terme) et que l’inflation sous-jacente continuait de s’accélérer et atteignait 2,3 %, son niveau le plus élevé depuis septembre 2008.
(Source : AFP)

