Du 4 au 13 mai, les meilleurs joueurs et joueuses du monde s’affronteront sur une surface inédite, à base de cobalt teinté et cuit. De quoi faire parler mais aussi casser la routine des professionnels. « Parfois, le changement a du bon, reconnaît le numéro un mondial, Novak Djokovic. J’aime les gens créatifs, innovants. Ce sera évidemment intéressant et on peut féliciter le tournoi. » Alors qu’un court d’entraînement en terre battue bleue a été mis à disposition dès 2009, le Serbe, comme la plupart des joueurs, a pourtant boudé la surface. Si le Big Four devrait être bien présent à Madrid, il n’en reste pas moins réticent à évoluer dessus.
Nadal : « Cela peut déstabiliser mon jeu »
« Le tournoi est seulement quelques semaines avant Roland-Garros. Cela aurait été mieux pour nous de rester sur la terre battue rouge », juge Andy Murray. « Je ne suis pas ravi », finit par dire le Djoker, moins virulent toutefois que Rafael Nadal, exaspéré par cette fantaisie qu’il juge inutile. « Madrid n’a pas besoin de cette publicité pour être un grand tournoi. C’est déjà l’un des meilleurs du monde, a déclaré l’Espagnol qui a refusé de tester le court bleu. Le tournoi est déjà différent des autres sur terre parce qu’il est en altitude et maintenant, il va l’être parce que la terre est bleue ! Ce n’est pas possible. »
Le Majorquin, vainqueur du tournoi en 2010, est d’autant plus agacé que l’ATP a donné son accord pour cette innovation en dépit des avis négatifs des joueurs. « Je ne comprends pas comment l’ATP a pu dire oui. Nous, les joueurs, on était contre et le directeur a quand même voté favorablement. » « C’est triste d’avoir à jouer sur une surface dont les joueurs ne veulent pas », estime pour sa part Roger Federer qui débutera sa saison sur terre, justement à Madrid. Djokovic en remet une couche : « Si les meilleurs joueurs ne sont pas d’accord, cela n’a pas de sens à mon avis. Il faut changer cette règle qui permet au directeur de l’ATP de prendre des décisions tout seul car elle est injuste. »
Nadal craint de perdre ses repères sur cette terre inconnue : « Cela peut déstabiliser mon jeu. » Djokovic évoque le manque de naturel de cette surface. Bref, le scepticisme règne. Et pourtant, il faudra bien s’y faire. Du moins pour cette édition 2012 car l’ATP a promis : « La question sera reconsidérée en fonction bien sûr de l’appréciation des joueurs. » Jo-Wilfried Tsonga, qui espère trouver dans la capitale espagnole un court plus rapide, demande à voir : « De toute façon, si ce n’est pas bien, les joueurs se plaindront et ils changeront. »


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef