« L’adoption du principe de la proportionnelle dans les élections demeure possible si les intentions sont bonnes », a déclaré M. Charbel. Il a précisé à cet égard que le président de la République, Michel Sleiman, s’efforce aux côtés du chef du PSP, Walid Joumblatt, très hostile à la proportionnelle, de « lever les obstacles » qui empêchent l’adoption de ce mode de scrutin.
Réaliste, M. Charbel a reconnu néanmoins l’existence « d’autres obstacles à la proportionnelle » que ceux qui touchent M. Joumblatt et a appelé tous ceux qui soutiennent ce mode à « coopérer ».
En tout état de cause, le ministre a souligné la nécessité d’un accord autour de la loi électorale au maximum six mois avant les élections afin que le ministère de l’Intérieur dispose du temps nécessaire pour préparer le scrutin.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, a démenti hier les informations de presse diffusées ces derniers jours et selon lesquelles le chef de l’État aurait blâmé les services de son ministère pour leurs négligences au sujet des mesures à prendre afin de permettre la participation des émigrés libanais au vote.
« Il n’existe pas d’entraves à la participation des émigrés aux prochaines élections », a assuré M. Mansour. Selon lui, le ministère s’active depuis deux ans à la préparation de cette échéance et le « dossier a été complété ».
Cependant, le chef de la diplomatie a indiqué que seuls 6 000 Libanais émigrés ont jusqu’ici rempli les conditions définies par le ministère à cet effet. Il a expliqué que cela est dû d’abord à l’absence de toute décision du Conseil des ministres dans ce domaine, et ensuite aux vacances dans les postes diplomatiques, atteignant 40 % de l’ensemble. « Ces vacances sont un coup terrible pour l’action diplomatique », a-t-il dit.
Pour en revenir au débat sur la proportionnelle, il apparaît désormais clairement que le courant du Futur s’y opposera de façon ferme tant que le problème des armes aux mains du Hezbollah ne sera pas réglé. Dans les milieux haririens, on estime en effet inacceptable que les effets attendus de ce mode de scrutin puissent se faire ressentir chez les uns et pas chez les autres du fait de l’influence exercée par les armes.
De plus, tout en admettant que « dans le principe, la proportionnelle est une marque d’évolution dans les sociétés démocratiques », le député Ammar Houry a souligné hier qu’au Liban, l’adoption de ce mode de scrutin pose problème du fait de l’absence de partis politiques non confessionnels ayant une audience sur l’ensemble du territoire.
Quant à l’ancien député Moustapha Allouche, il a fait valoir qu’aucune élection ne devrait se dérouler à l’ombre des armes. « En quoi cela pourrait nous avancer de gagner les élections si la décision politique demeure confisquée? » a-t-il dit.
De l’autre côté de l’échiquier politique, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a renouvelé hier son adhésion à la proportionnelle sous le régime de la circonscription unique.
Pour sa part, le député Talal Arslane a accusé « ceux qui ont peur de la proportionnelle de s’opposer au principe de la participation ». « La proportionnelle n’élimine personne. Elle ne met fin qu’aux blocs monolithiques », a-t-il souligné.
Enfin, l’ancien vice-président de la Chambre, Élie
Ferzli, promoteur du projet du Rassemblement orthodoxe, fondé sur la proportionnelle au niveau de chaque communauté, a estimé qu’il vaudrait mieux « pas d’élections du tout plutôt que des élections sur la base d’un mauvais mode de scrutin ».


La proportionelle, dans un pays comme le Liban, ne marchera jamais. Laïcité complète ! Impossible au Liban ! Pays de la tolérance et de l'Entente, seulement les cantons ou autre forme de fédération (ou autre, appelez-la, comme vous voulez ) qui garantirait à chaque communauté la libre pratique de ses moeurs, habitudes et mentalité, et de sa civilisation souvent millénaire, dans un Liban démocratique, avec gouvernement central, est la seule alternative à appliquer.
14 h 27, le 24 avril 2012