« Pas de négociations avec ces gens », a déclaré M. Béchir lors de sa visite à Heglig, à propos du gouvernement sud-soudanais qu’il avait qualifié « d’insecte » la semaine dernière. « Avec eux, nous négocions avec des fusils et des balles », a-t-il ajouté, trois jours après avoir triomphalement annoncé que ses forces avaient chassé l’armée sud-soudanaise de Heglig, occupée pendant 10 jours. Le Soudan du Sud a pour sa part évoqué un retrait volontaire, sous la pression internationale, qui s’est achevé dimanche. M. Béchir a ainsi opposé une fin de non-recevoir à la communauté internationale, qui a multiplié les appels à un retour au calme et au dialogue. Hier, le président américain Barack Obama a encore déclaré que « les tueries d’innocents (devaient) cesser », appelant Khartoum et Juba à « avoir le courage » de négocier pour mettre fin aux violences.
Après deux semaines de violents combats, la région de Heglig était jonchée de cadavres de soldats sud-soudanais et ses précieuses infrastructures pétrolières, qui représentaient la moitié de la production du Nord, étaient très endommagées. « Le nombre de morts est de 1 200 pour le SPLM », les ex-rebelles sudistes désormais au pouvoir au Soudan du Sud depuis la sécession en juillet 2011, a indiqué le commandant de l’armée nord-soudanaise, Kamal Marouf. Il n’a en revanche pas donné de bilan pour ses propres troupes. Abdel Azim Hassan, un ingénieur nord-soudanais du consortium pétrolier GNPOC, a accusé les troupes sud-soudanaises d’avoir « détruit la principale centrale électrique alimentant les champs de pétrole et la centrale de traitement ». Le GNOPC cherche maintenant à relancer manuellement les unités de production « aussi vite que possible », a précisé M. Hassan.
Selon un rapport des autorités nord-soudanaises cité par l’ONU, les combats ont entraîné la fuite des quelque 5 000 habitants de Heglig et des villages voisins.
Au niveau international, le ministre français chargé de la Coopération, Henri de Raincourt, a indiqué que l’Union européenne pourrait imposer des sanctions si les gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud continuaient à ne pas tenir leurs engagements.
(Source : AFP)


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