La police antiémeute à Manama. Ahmed Jadallah/Reuters
Avant l’aube, de nombreux villages chiites ont connu des heurts entre manifestants et policiers, avec le début de « trois jours de colère » coïncidant avec ceux de la course, à la suite des appels lancés par un mouvement d’opposants baptisé les « Jeunes du 14 février ». Selon des témoins, des centaines de manifestants se sont rassemblés à l’entrée de villages chiites, scandant « Le peuple veut le chute du régime » ou encore « À bas Hamad », en référence au roi Hamad ben Issa el-Khalifa. Les forces de l’ordre ont utilisé des bombes lacrymogènes et des bombes assourdissantes pour les disperser, mais les manifestants ont répliqué par des jets de cocktail Molotov, ont ajouté les témoins.
Sur les réseaux sociaux, les « Jeunes du 14 février », sans lien organique avec le Wefaq, principal mouvement de l’opposition chiite, qui a également appelé à une mobilisation à l’occasion de la course, ont posté des slogans hostiles au Grand Prix de dimanche. « Le Grand Prix est perçu comme lié aux figures du régime et comme un évènement qui ne profite pas aux gens ordinaires », analyse l’opposant Nabil Rajab. Il dit craindre une escalade de la violence avec la participation aux manifestations de groupes de jeunes qui ne sont pas encadrés politiquement et qui, pour défiler, ne demandent aucune autorisation aux autorités.
En attendant, des mesures de sécurité ont été renforcées autour de cet évènement sportif dont la tenue en pleine crise politique a été aussi critiquée par des organisations des droits de l’homme internationales. Les autorités de Bahreïn ont par ailleurs refusé des visas à des journalistes et des photographes d’agence de presse internationales, pourtant accrédités par la Fédération internationale de l’automobile (FIA), pour couvrir le Grand Prix de formule 1. Ils ont été informés par l’Autorité des affaires de l’information de Bahreïn que c’était en raison du grand nombre de demandes des médias.
(Source : AFP)


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