Après l'annonce, par la commission électorale égyptienne, de la disqualification définitive du candidat salafiste Hazem Abu Ismail, ses partisans ont pris part à un sit-un au Caire, le 17 avril 2012. Khaled Desouki/AFP
L’invalidation des candidatures les plus polémiques pour l’élection présidentielle égyptienne place désormais au premier plan des personnalités islamistes ou laïques plus consensuelles et susceptibles de calmer le jeu politique, relèvent des analystes.
La commission électorale a confirmé mardi soir l’élimination de dix candidats sur 23, en raison de dossiers de candidature irréguliers ou incomplets pour ce scrutin dont le premier tour est prévu le 23 mai. Parmi eux trois hommes très en vue mais divisant profondément l’opinion : Omar Souleimane, ancien chef des redoutables services secrets du président déchu Hosni Moubarak, Khairat al-Chater, riche homme d’affaires et éminence grise des Frères musulmans, et Hazem Abou Ismaïl, un salafiste au discours populiste. Leur invalidation « est très importante car elle élimine les candidats les plus controversés », relève Moustafa Kamel Sayed, professeur de sciences politiques à l’université du Caire. « La candidature de Souleimane se heurtait à l’opposition des révolutionnaires et des islamistes, celle de Chater dérangeait une grande partie de l’électorat », ajoute-t-il. Quant au salafiste Abou Ismaïl, « il a suscité beaucoup d’enthousiasme chez certains, mais aussi la consternation d’une grande partie de l’opinion ». Ces invalidations « pourraient ramener le calme dans le pays, permettant ainsi de préserver la révolution, d’adopter une Constitution, d’élire un président et de renvoyer l’armée (au pouvoir depuis la chute de M. Moubarak) dans ses casernes », estimait dès mardi dans le journal al-Chourouq l’éditorialiste Fahmy Howeidy.
Un récent sondage publié par le quotidien al-Ahram montrait que ces retraits profiteraient largement à des personnalités moins controversées, notamment l’ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa pour le camp laïc et l’islamiste modéré Abdelmoneim Aboul Foutouh. Ancien ministre des Affaires étrangères de M. Moubarak, M. Moussa a néanmoins pris soin d’afficher de la compréhension pour les révoltes du printemps arabe. Il récupérerait une bonne partie des voix de M. Souleimane, mais sans être un épouvantail pour l’électorat islamiste et « révolutionnaire ».
M. Aboul Foutouh, lui-même ancien cadre dirigeant des Frères musulmans évincé l’an dernier, devrait profiter des éliminations des deux autres grands candidats islamistes, Chater et Abou Ismaïl. Réputé modéré, il a le soutien de nombreux jeunes Frères musulmans en conflit avec la ligne conservatrice de la confrérie, et bénéficie d’une bonne image parmi les mouvements issus de la révolte anti-Moubarak.
La nouvelle donne politique pourrait aussi profiter à Ahmad Chafic, dernier Premier ministre de M. Moubarak, au profil de technicien. Il pourrait toutefois être éliminé en cas de promulgation d’une loi interdisant aux anciens Premiers ministres de l’ère Moubarak de se présenter. Mohammad Morsi, patron du Parti de la liberté et de la justice (PLJ) issu des Frères musulmans et « candidat de rechange » de la confrérie, pourrait récupérer une partie du vote islamiste. Avec son profil d’homme d’appareil sans grand charisme, il pourrait toutefois avoir du mal à s’imposer.
Certains estiment toutefois qu’à cinq semaines du premier tour, la campagne déjà riche en rebondissements peut encore réserver des surprises. « La carte électorale n’est toujours pas très lisible », estime l’analyste politique égyptien Tewfik Aclimandos, qui enseigne à l’université Paris I. « Beaucoup pourrait dépendre des consignes des salafistes », désormais privés d’un champion pour la présidentielle, alors qu’ils détiennent environ 20 % des sièges au Parlement, souligne-t-il, estimant que « la question est de savoir si les partisans d’Abou Ismaïl vont semer le désordre » ou reporter leurs voix sur une autre personnalité.
La commission électorale a confirmé mardi soir l’élimination de dix candidats sur 23, en raison de dossiers de candidature irréguliers ou incomplets pour ce scrutin dont le premier tour est prévu le 23 mai. Parmi eux trois hommes très en vue mais divisant profondément l’opinion : Omar Souleimane, ancien chef des redoutables services secrets du président déchu Hosni Moubarak, Khairat al-Chater, riche homme d’affaires et éminence grise des Frères musulmans, et Hazem Abou Ismaïl, un salafiste au discours populiste. Leur invalidation « est très importante car...


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