« Étant donné la fréquence des coups d’État en Guinée-Bissau », l’UA a demandé à l’Afrique de l’Ouest « de lui soumettre, dans les deux semaines, une décision ou une proposition de sanctions » contre les putschistes et leurs soutiens civils et militaires, a annoncé Ramtane Lamamra, commissaire africain, à l’issue d’une réunion à Addis-Abeba.
Dans la nuit, une délégation ouest-africaine, composée de hauts responsables politiques et militaires, avait déjà affiché « une grande fermeté » face aux putschistes avec lesquels elle s’était entretenue plusieurs heures, selon des sources proches des discussions.
Selon lui, les représentants de la junte ont réaffirmé leur engagement, déjà proclamé à plusieurs reprises, de rétablir les institutions dissoutes après le coup d’État. Pourtant, quelques heures à peine après le départ de la mission ouest-africaine, la junte annonçait l’interdiction de toute manifestation menaçant les contrevenants d’une « sévère répression ». Dans l’après-midi, de jeunes partisans de l’ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior, arrêté par les putschistes tout comme le président intérimaire Raimundo Pereira, avaient prévu une marche à Bissau pour protester contre le coup d’État et réclamer la « libération sans condition » des dirigeants interpellés.
Le coup d’État est intervenu à un peu plus de deux semaines du second tour de la présidentielle qui devait opposer le 29 avril M. Gomes Junior, donné favori, à son principal opposant Kumba Yala. Ce dernier avait annoncé qu’il refusait d’y participer invoquant des « fraudes massives » au premier tour.
(Source : AFP)

