Des policiers et des officiels afghans inspectent le site de l’une des attaques-suicide à Kaboul. Massoud Hossaini/AFP
Selon la porte-parole de l’OTAN, les attaques ne remettent pas en cause le calendrier de retrait des troupes étrangères, prévu pour être terminé fin 2014. La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a pour sa part déclaré que les États-Unis, le Pakistan et l’Afghanistan doivent prendre ensemble « une action énergique » pour mettre fin aux attaques terroristes. De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a condamné les attaques et a demandé « à toutes les parties au conflit » de protéger les civils.
« Une nouvelle fois, tous les insurgés ont été humiliés et tués », a clamé hier le ministre afghan de l’Intérieur, Bismillah Mohammadi. « C’est normal, c’est la tactique de guérilla des talibans, tous ces assaillants savent qu’ils vont mourir, ce sont des missions-suicide », a tempéré un diplomate occidental à Kaboul, spécialisé dans le conflit. L’ISAF et les Américains ont également été prompts, dès dimanche, à louer « l’efficacité » des forces afghanes, qui doivent prendre progressivement en main la sécurité du pays, une gageure selon les experts. Ces derniers estiment en effet qu’elles n’y seront pas prêtes, minées par le manque de moyens, la corruption et l’infiltration de leurs rangs par les insurgés.
Indépendamment du bilan des victimes, moins lourd au final que celui d’autres opérations des talibans, ces déclarations de satisfaction relèvent de la méthode Coué pour les experts et des diplomates occidentaux. Ils ont, eux, été surtout impressionnés par ces attaques coordonnées dans une capitale truffée de barrages, de soldats et de policiers lourdement armés. « Je ne partage pas du tout l’avis des Américains et de l’OTAN. Même s’il est vrai que les forces afghanes ont démontré cette fois une meilleure capacité de réaction, les talibans ont clairement démontré, eux, leur capacité à frapper de manière coordonnée où ils le veulent, quand ils le veulent », renchérit le diplomate occidental à Kaboul. « Le fait qu’ils aient réussi à lancer simultanément des attaques complexes démontre un certain degré de perfectionnement dans leur aptitude à se mouvoir sans être détectés » au cœur de ce dispositif, souligne Martine Van Bijlert, du réseau des analystes d’Afghanistan, qui voit d’abord dans ces attaques « un échec du renseignement ». Toutefois, un diplomate occidental spécialisé dans les questions de sécurité assure que c’est le renseignement afghan qui a permis d’éviter le pire. Selon lui, ces services ont réussi, ces dernières semaines, d’importantes saisies d’explosifs dans Kaboul, qui auraient dû être utilisés dans les attaques de dimanche.
« Ces attaques ont été choquantes par leur échelle et leur remarquable coordination dans différentes villes simultanément », commente pour sa part Abdul Waheed Wafa, directeur du Centre de recherche d’Afghanistan à l’université de Kaboul. « Cela a ébranlé un peu plus la confiance des Afghans dans leurs forces de sécurité, en particulier parce que le gouvernement et les forces internationales leur répétaient ces deux derniers mois qu’ils avaient brisé l’élan des talibans », lâche l’analyste. « C’était une démonstration de force quoi qu’on en dise, qui augure bien mal de l’avenir », se désespère un autre diplomate occidental à Kaboul.
(Source : agences)


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