Adam et Eve (détail). Oeuvre de Lucas Cranach.
Une loi autorisant les professeurs des établissements d’enseignement
public à débattre de soi-disant « faiblesses dans la théorie
de l’évolution » va entrer en vigueur au Tennessee.
Que faire, plus précisément, quand les réacs veulent réintroduire le créationnisme dans l’enseignement scientifique public ?
Que faire quand les contempteurs de la laïcité présentent une loi stipulant que les « professeurs doivent être autorisés à aider leurs élèves à comprendre, critiquer et étudier objectivement les points forts et les faiblesses des théories scientifiques existantes ». Ce en donnant comme exemple, au hasard : la théorie de l’évolution biologique sur les origines de la vie et le réchauffement climatique.
Que faire ?
Première option :
S’opposer, au motif qu’il n’y a pas de faiblesse si importante dans la théorie scientifique de l’évolution qu’elle puisse remettre en cause sa vérité profonde.
Rappeler que les scientifiques s’entendent à dire que cette théorie anime le principe même de toute la biologie moderne.
Noter, comme l’a fait l’organisation de défense des droits civils ACLU, que « ce texte de loi, très habile dans sa formulation, a pour véritable objectif d’injecter des explications non scientifiques comme le créationnisme et le dessein intelligent dans l’enseignement de la science à l’école publique en tentant de susciter des doutes sur la théorie de l’évolution ».
Souligner, comme l’a fait le Centre national américain pour les sciences de l’éducation, que « dire aux étudiants que l’évolution et le changement climatique sont scientifiquement controversés revient à les “mal éduquer” » et à manipuler la notion de doute.
Noter qu’une telle loi revient à mettre sur un pied d’égalité, en plein cours de science, deux choses qui ne sont pas égales : la création divine de l’homme et la théorie scientifique de l’évolution.
Rappeler qu’en 1987, la Cour suprême américaine a banni le créationnisme des salles de classe publiques, au nom de la séparation de l’Église et de l’État.
Dire que l’unique controverse, au sujet du créationnisme et de la théorie de l’évolution, n’a rien à voir avec la science ou la religion, et tout à faire avec la politique.
Souligner, enfin, comme l’a fait le Tennessee House Education Committee, qu’en adoptant une telle loi et en sapant l’enseignement de l’évolution dans les écoles publiques, l’on nuit à la réputation et à la compétitivité d’une nation dans une économie mondiale dont le moteur est la science.
Deuxième option :
Reconnaître frontalement que l’on est tenté par la confusion des genres, signer la loi et assumer le rétropédalage.
Troisième option :
Jouer la carte de l’hypocrisie totale. Option choisie, mardi dernier, par le gouverneur du Tennessee, Bill Haslam.
À savoir : ne pas mettre son veto à la loi. Ne pas la signer non plus. Affirmer que le texte « ne change pas les critères scientifiques enseignés dans nos écoles ou le programme d’enseignement retenu par nos professeurs », tout en soulignant qu’« un bon projet de loi devrait apporter de la clarté, pas de la confusion »... et que c’est « pour cette raison » qu’on ne signera pas le texte et qu’on le laissera devenir loi sans sa signature.
public à débattre de soi-disant « faiblesses dans la théoriede l’évolution » va entrer en vigueur au Tennessee.
Que faire quand les bas d’esprit relancent l’offensive pour ramener un État et ses ouailles vers un obscurantisme moyenâgeux ?Que faire, plus précisément, quand les réacs veulent réintroduire le créationnisme dans l’enseignement scientifique public ?Que faire quand les contempteurs de la laïcité présentent une loi stipulant que les « professeurs doivent être autorisés à aider leurs élèves à comprendre, critiquer et étudier objectivement les points forts et les faiblesses des théories scientifiques existantes ». Ce en donnant comme exemple, au hasard : la théorie de l’évolution biologique sur les origines de la vie...


Saleh Issal, bravo, tu dis vrai, il y a la théorie des cordes et d'autres théories aussi. Mais, lis ce que j'ai écrit à Christian. Religion et science se rencontrent, tu le dis d'ailleurs toi aussi.
13 h 14, le 13 avril 2012