A Tunis, une manifestante tunisienne, lundi 9 avril, enveloppée dans le drapeau tunisien. Des manifestations organisées avenue Bourguiba ont été violemment réprimée lundi. Fethi Belaid/AFP
Des heurts ont éclaté hier à Tunis entre policiers et des milliers de personnes qui tentaient de manifester sur l’avenue Habib Bourguiba, la grande artère de la capitale interdite à tous les rassemblements depuis des affrontements fin mars.
Deux milliers de manifestants s’étaient rassemblés pour commémorer le Jour des martyrs, à la mémoire des victimes indépendantistes de la répression, le 9 avril 1938, par l’armée française. Le cortège s’est alors heurté aux forces de l’ordre qui ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants. Les policiers ont chargé à la matraque et poursuivi des jeunes gens armés de pierres dans les ruelles attenantes. En conséquent, plus d’une quinzaine de personnes ont été légèrement blessées.
La branche « jeunesse » du parti laïc d’opposition Ettajdid a immédiatement condamné la répression de la manifestation par la police dans un communiqué mis en ligne sur Facebook. « Nous appelons le ministère de l’Intérieur à diligenter immédiatement une enquête pour identifier les responsables. Nous affirmons notre droit de manifester sur l’avenue Habib Bourguiba, symbole de la révolution, et notre défense (...) de la liberté sans condition d’expression et de protestation », lit-on sur le réseau social. Même son de cloche pour le parti de gauche Ettakatol, qui a aussi exigé « l’identification des civils douteux qui ont participé à la répression des manifestants ».
Parallèlement, Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, a appelé hier les Tunisiens à « être patients » et « donner sa chance » à l’équipe dirigeante, lors d’un meeting de partisans d’Ennahda en hommage aux « martyrs » de la Tunisie. « Il est impossible de corriger en une seule année ce qui a été détruit en 50 ans. L’État dont nous avons hérité ressemble à une baraque pourrie qui nécessite d’être démolie et nettoyée », a affirmé M. Ghannouchi.
La branche « jeunesse » du parti laïc d’opposition...


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