Il a fallu des heures pour les automobilistes pour arriver à Beyrouth. Photo Hassan Assal
Pour protester, les habitants de Jal el-Dib ont bloqué hier, de 7 heures à 9 heures, l’autoroute reliant Beyrouth au Mont-Liban et au Liban-Nord au niveau de leur localité, à l’emplacement du pont démantelé.
Brandissant des drapeaux libanais, ils ont scandé « le peuple veut le pont de Jal el-Dib ». Certains se sont assis à même l’asphalte, d’autres ont pris place sur des chaises en plastique, alors que la plupart sont restés debout. Ils étaient en tout quelques centaines à bloquer l’autoroute, paralysant la circulation dans le littoral du Kesrouan et du Metn, ainsi qu’à l’entrée de Beyrouth, durant de longues heures.
Les automobilistes sont restés bloqués dans leurs voitures même après la reprise du trafic, et certains ont emprunté divers chemins parallèles à l’autoroute pour arriver à Beyrouth, créant d’inextricables embouteillages dans les quartiers résidentiels du Metn.
Le problème réside dans le fait qu’en janvier dernier, le CDR a démantelé le pont. Une alternative n’a pas été proposée. Il y a une dizaine de jours, la partie de l’autoroute où le pont se trouvait a été asphaltée et les habitants de Jal el-Dib ont compris qu’il ne sera probablement pas remplacé, ce qui aurait pour conséquence d’asphyxier toute une partie du Metn.
En effet, depuis le démantèlement du pont, les habitants de Jal el-Dib ou tous ceux qui doivent se rendre dans cette localité doivent passer désormais par Antélias et emprunter des chemins internes parallèles à l’autoroute Beyrouth-Jounieh, créant ainsi des embouteillages supplémentaires, notamment au niveau d’Antélias, localité qui était déjà encombrée car elle relie des dizaines de villages du Metn au littoral, ainsi qu’au niveau de Jal el-Dib, qui est une importante zone commerçante du caza.
Depuis le démantèlement du pont, les habitants de Jal el-Dib passent plus d’une heure dans le secteur pour rentrer chez eux. Ils sont donc descendus hier dans la rue avec les députés CPL Ibrahim Kanaan et Nabil Nicolas, le député Tachnag Hagop Pakradounian, et Eddy Abillamaa, membre du comité exécutif des Forces libanaises.
Les manifestants ont distribué des tracts soulignant que « depuis 14 ans, les municipalités qui sont touchées par le démantèlement du pont négocient avec le CDR, mais en vain. L’entrée du Metn au niveau de Jal el-Dib a été condamnée sans qu’une alternative ne soit proposée. Nous sommes navrés de gêner nos concitoyens mais nous voulons qu’une solution soit trouvée ».
Dans leur texte, les habitants ont indiqué que l’autoroute sera bloquée tous les mardis matin de 7 heures à 9 heures jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.
Prenant la parole, M. Kanaan a appelé le gouvernement à prendre une décision, soulignant que le Metn ne sera pas marginalisé.
De son côté, M. Nicolas a indiqué que le Metn, comme le Akkar, devrait bénéficier rapidement de crédits.
Quant à M. Pakradounian, il a souligné la nécessité de construire un nouveau pont.
Pour sa part, M. Eddy Abillamaa a appelé le gouvernement à assumer ses responsabilités et à édifier une nouvelle structure pour ne pas asphyxier Jal el-Dib.
Notons que le député Samy Gemayel a, de son côté, publié un communiqué appelant le gouvernement à édifier un nouveau pont et il s’est demandé sur ce plan pourquoi les députés du CPL ont pris part au sit-in alors qu’ils ont des ministres au gouvernement...
En soirée, une réunion a groupé le député Michel Murr, le ministre Samir Mokbel, des responsables du CDR et des représentants des municipalités de la région. M. Mokbel a indiqué à l’issue de la réunion qu’il allait présenter un rapport au Conseil des ministres à la lumière des avis qui lui ont été exposés.
Pat. K.

