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Moyen Orient et Monde - Conflit

Retour au calme à la frontière entre les deux Soudans

Discussions de paix aujourd’hui à Addis-Abeba ; pressions internationales pour éviter une nouvelle guerre.

À Heglig, les restes calcinés d’un char témoignaient hier de la férocité des combats pour le contrôle de cette zone située à 15 km de la frontière, à l’intérieur du territoire soudanais mais revendiquée par le Soudan du Sud. Photo AFP

Après deux jours d’affrontements entre les armées des deux Soudans, Khartoum a assuré hier qu’il « n’allait effectuer aucun bombardement sur le territoire sud-soudanais ». De fait, aucun combat n’a été signalé à la frontière entre le Nord et le Sud. Aucun bilan des deux jours de combats au sol, les plus graves depuis l’indépendance proclamée par Juba, n’était toutefois disponible.
Par ailleurs, les négociateurs des deux pays, qui s’accusent chacun d’être à l’origine des hostilités, doivent se retrouver aujourd’hui à Addis-Abeba pour des discussions programmées avant que les combats n’éclatent lundi. Le sous-secrétaire nord-soudanais aux Affaires étrangères, Rahamatalla Mohammad Osman, qui doit représenter Khartoum à Addis-Abeba, a estimé que les affrontements pourraient mener ces nouveaux pourparlers dans une impasse. Son homologue sud-soudanais, Pagan Amum, a de son côté dit espérer que les discussions aboutissent « à la cessation des hostilités » et fassent « en sorte que n’éclate pas une nouvelle guerre entre les deux pays ». Néanmoins, le sommet prévu début avril à Juba entre les présidents nord-soudanais, Omar el-Béchir, et sud-soudanais, Salva Kiir, semble compromis. Cette rencontre était destinée à faire avancer les différends majeurs entre les deux voisins – revenus pétroliers et zones frontalières contestées. Juba a assuré que l’invitation restait valable malgré les combats, mais M. Béchir a suspendu lundi son déplacement.

Sort incertain pour 500 000 Sud-Soudanais
De son côté, la communauté internationale a multiplié les pressions pour arrêter l’escalade. L’Union africaine a appelé hier Khartoum et Juba à « retirer leurs forces à 10 kilomètres de la frontière » de chaque côté et à « cesser de soutenir les forces rebelles opérant sur le territoire de l’autre pays ». Auparavant, le Conseil de sécurité des Nations unies avait demandé mardi aux deux voisins de « cesser toute opération militaire dans (leurs) zones frontalières ». Les 15 membres du Conseil se sont déclarés « très inquiets des affrontements militaires (...) qui menacent d’entraîner une reprise du conflit entre les deux pays et aggravent la situation humanitaire ». La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a, elle, estimé que « Khartoum portait le poids de la responsabilité » des affrontements. Et l’Union européenne a indiqué redouter que les tensions entre les deux Soudans ne dégénèrent en un véritable conflit, appelant les deux pays au maximum de retenue.
Enfin, au plan humanitaire, les combats ont empêché environ 1 700 Sud-Soudanais vivant dans le Nord de rejoindre leur nouveau pays, selon l’ONU. Le sort des 300 000 à 500 000 Sud-Soudanais encore au Nord est une autre source de tensions entre les deux pays. Khartoum a donné jusqu’au 8 avril à ceux qui le souhaitent pour quitter son territoire, un délai impossible d’un point de vue logistique, selon l’ONU.
           (Source : AFP)
Après deux jours d’affrontements entre les armées des deux Soudans, Khartoum a assuré hier qu’il « n’allait effectuer aucun bombardement sur le territoire sud-soudanais ». De fait, aucun combat n’a été signalé à la frontière entre le Nord et le Sud. Aucun bilan des deux jours de combats au sol, les plus graves depuis l’indépendance proclamée par Juba, n’était toutefois disponible.Par ailleurs, les négociateurs des deux pays, qui s’accusent chacun d’être à l’origine des hostilités, doivent se retrouver aujourd’hui à Addis-Abeba pour des discussions programmées avant que les combats n’éclatent lundi. Le sous-secrétaire nord-soudanais aux Affaires étrangères, Rahamatalla Mohammad Osman, qui doit représenter Khartoum à Addis-Abeba, a estimé que les affrontements pourraient mener ces nouveaux...
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