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Moyen Orient et Monde - Justice

Hollande marque sa distance avec DSK

L’ancien patron du Fonds monétaire international a été inculpé pour « proxénétisme aggravé en bande organisée » dans l’affaire dite du Carlton.
Le candidat socialiste à la présidentielle française François Hollande a cherché à marquer sa distance hier avec Dominique Strauss-Kahn, dont la descente aux enfers faisait irruption dans la campagne électorale, avec son inculpation dans une affaire de proxénétisme.
L’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) est ressorti libre lundi soir du Palais de justice de Lille, après son audition par les juges d’instruction chargés de l’enquête sur l’affaire de prostitution dite du Carlton (le nom d’un hôtel de luxe de la ville). Mais il a été mis en examen pour « proxénétisme aggravé en bande organisée », un crime passible de vingt ans de réclusion criminelle et trois millions d’euros d’amende, alors que les magistrats cherchent notamment à déterminer si DSK savait que les participantes à des soirées libertines auxquelles il avait pris part, notamment à Paris et à Washington, étaient rémunérées. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel. Huit personnes ont déjà été mises en examen dans cette affaire, dont un haut responsable policier et des hommes d’affaires. Un propriétaire d’établissements de prostitution en Belgique a aussi été entendu.

Un dossier « creux »
Les avocats de DSK ont contre-attaqué hier. « Ce dossier est creux, vide, surfait », a affirmé l’un d’eux, Me Henri Leclerc. « Les infractions reprochées à DSK sont inexistantes », a-t-il ajouté. Quand bien même aurait-il su que les femmes étaient rémunérées, « le fait d’avoir une relation avec une escort girl ne constituerait pas une infraction » et « relèverait d’un comportement privé parfaitement licite », avait affirmé lundi soir un autre de ses avocats, Me Richard Malka.
« C’est une affaire privée, pénible, mais sur laquelle je n’ai pas de jugement politique à formuler », a réagi hier François Hollande, qui n’a pas souhaité faire d’autre commentaire. La présidente du Parti socialiste Martine Aubry, qui est aussi maire de Lille, a pour sa part estimé que « la page » DSK était tournée et qu’il fallait « laisser la justice faire son travail ». Le candidat centriste à la présidentielle François Bayrou, qui prône une moralisation de la vie politique, a jugé que la mise en examen de Dominique Strauss-Kahn n’avait « rien à voir avec la politique », mais était une « affaire de débordements privés ». « Le devoir d’exemplarité des hommes politiques est mis à mal et on peut se demander quand il avait le temps de s’occuper réellement du FMI quand on voit son emploi du temps avec les filles », a ironisé pour sa part la candidate écologiste Eva Joly, ancienne juge d’instruction.

Audience au civil
à New York
Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, était en passe de devenir le principal challenger à gauche de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle qui se déroulera les 22 avril et 6 mai en France, lorsque les accusations de viol portées par Nafissatou Diallo, une femme de chambre d’un hôtel de Manhattan, ont bouleversé sa vie et conduit à son arrestation à New York le 14 mai 2011. François Hollande avait ensuite été désigné comme candidat par les militants et sympathisants socialistes. DSK a bénéficié d’un non-lieu au pénal en août 2011 à New York, mais l’affaire, qui se poursuit au civil, avait révélé au grand jour une facette obscure de sa personnalité : son rapport aux femmes, à la limite du « harcèlement », selon des témoins.
Il s’agit d’une période judiciaire très délicate pour DSK, alors qu’une première audience au civil dans l’affaire Diallo doit se tenir aujourd’hui à New York. Ni M. Strauss-Kahn ni Mme Diallo ne sont tenus d’être présents à cette audience, au cours de laquelle les avocats de DSK vont plaider que l’ancien directeur général du FMI ne peut être poursuivi au civil car il bénéficiait, au moment des faits, d’une immunité diplomatique totale.
(Source : AFP)
Le candidat socialiste à la présidentielle française François Hollande a cherché à marquer sa distance hier avec Dominique Strauss-Kahn, dont la descente aux enfers faisait irruption dans la campagne électorale, avec son inculpation dans une affaire de proxénétisme.L’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) est ressorti libre lundi soir du Palais de justice de Lille, après son audition par les juges d’instruction chargés de l’enquête sur l’affaire de prostitution dite du Carlton (le nom d’un hôtel de luxe de la ville). Mais il a été mis en examen pour « proxénétisme aggravé en bande organisée », un crime passible de vingt ans de réclusion criminelle et trois millions d’euros d’amende, alors que les magistrats cherchent notamment à déterminer si DSK savait que les participantes à des...
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