M. Charbel avait déjà présenté un projet fondé sur le mode de scrutin proportionnel, conformément au souhait du président de la République et du chef du gouvernement, et prévoyant un découpage sur la base de moins de quinze circonscriptions. Le ministre s’enorgueillit d’avoir soumis ce projet dès la fin de l’été dernier, soit trois mois après la formation du gouvernement, rompant ainsi avec la tradition des lois électorales concoctées en dernière minute. Mais, depuis, le Conseil des ministres préfère temporiser en attendant une décision de Bkerké à ce propos, mais aussi du chef du PSP, Walid Joumblatt, résolument hostile à la proportionnelle.
Du côté du patriarcat maronite, on sait qu’une commission formée de six membres représentant les principales formations chrétiennes a été mise en place pour tenter d’élaborer un texte bénéficiant de l’aval de l’ensemble de ces formations. Or cette commission n’est pas encore parvenue à un accord et elle poursuit actuellement son travail.
Simultanément, des tractations à ce sujet se déroulent également au sein même du 14 Mars, essentiellement entre le courant du Futur, d’un côté, et les formations chrétiennes de l’alliance, de l’autre, pour parvenir à une entente.
Le ministre de l’Intérieur estime quant à lui que le temps presse, que les élections législatives sont prévues dans un peu plus d’un an et que le Conseil des ministres devrait donc rapidement trancher dans un sens ou dans un autre afin que son ministère puisse entamer les opérations administratives et techniques nécessaires à temps.
Il souligne que le choix qu’il a opté pour la proportionnelle était inspiré de la teneur de la déclaration ministérielle du gouvernement Mikati, qui évoque clairement une préférence pour ce mode de scrutin. Mais M. Charbel ne se présente pas en fanatique de son projet et invite le Conseil des ministres, s’il souhaite modifier le mode de scrutin ou le nombre de circonscriptions, à se prononcer là-dessus sans tarder. Le ministre a abordé cette question récemment avec M. Mikati et ce dernier lui a proposé d’envisager une formule proche de celle prévue par le projet de la commission Boutros, fondée sur un mélange de majoritaire et de proportionnelle.
De fait, après avoir présenté son propre projet, M. Charbel s’est employé ces derniers mois à mettre au point diverses formules possibles et l’une d’elles porte justement sur un vote mixte réparti sur deux phases distinctes : dans la première, les électeurs chrétiens et les électeurs musulmans désignent séparément deux candidats pour chaque siège (à la majoritaire), puis, dans la seconde, le vote se déroule à la proportionnelle pour départager les listes formées des candidats désignés au premier tour.
Un tel système, estime-t-on dans l’entourage du ministre, est de nature à assurer l’élection de représentants authentiques sur le plan communautaire et, dans le même temps, de mettre fin à ce qu’on appelle les « listes-bulldozers ».
D’autres propositions sont également à l’étude, notamment le « one-man-one vote », c’est-à-dire que chaque électeur n’a le droit de voter que pour un seul candidat, quelle que soit la taille des circonscriptions. Là aussi, on pense que cela pourrait avoir comme effet d’empêcher un bloc de voix minoritaires, chiites, par exemple, d’influer de manière décisive sur les résultats des élections dans un certain nombre de circonscriptions à majorité chrétienne, comme Baabda ou Jbeil.
Enfin, il y a encore la circonscription uninominale (une circonsciption = un siège) chère au Amid du Bloc national, Carlos Eddé. Pour le moment, cette formule rencontre encore beaucoup d’opposition, mais nombreux sont ceux qui contestent l’allégation selon laquelle la circonscription uninominale aurait un effet négatif sur la cohésion nationale.
Toujours est-il qu’en dépit des nombreuses tractations en cours autour de la loi électorale, de nombreux hommes politiques, tant au sein de la majorité que dans l’opposition, pensent que les législatives de 2013 se dérouleront une fois de plus sur la base de la loi en vigueur (la loi dite de 1960), du fait de l’incapacité des divers protagonistes, jusqu’ici, à s’entendre sur une formule de rechange.


Non, Sakr, les "(h)Amers" aussi ! Je vous en pris.
07 h 24, le 26 mars 2012