Ngozi Okonjo-Iweala, ministre des Finances du Nigeria, et Jim Yong-kim, président de la prestigieuse université Dartmouth, sont tous les deux candidats pour prendre la tête de la Banque mondiale.
À quelques heures seulement de la clôture des candidatures, Barack Obama a annoncé son candidat : Jim Yong-kim, 52 ans, médecin et anthropologue d’origine sud-coréenne, président de la prestigieuse université Dartmouth. « Jim a passé plus de deux décennies à œuvrer dans le monde entier en faveur de l’amélioration des conditions de vie dans les pays en développement », a déclaré le président américain. Son « expérience personnelle et ses années de service en font un candidat idéal » à la présidence de la Banque mondiale, a-t-il ajouté.
La nomination de M. Kim est une surprise dans la mesure où son nom n’avait pas été mentionné parmi ceux des possibles candidats des États-Unis. Selon une source proche de la Banque mondiale, Washington a songé très sérieusement à présenter l’ancien secrétaire au Trésor Lawrence Summers, qui fut conseiller économique de Barack Obama, mais celui-ci était trop contesté, notamment par les pays africains et certains du G7 pour créer un consensus large autour de son nom au sein du conseil d’administration de la Banque.
Quelques heures avant l’annonce américaine, l’Afrique du Sud avait officialisé la candidature de Mme Okonjo-Iweala, qui fut directrice générale de la Banque de 2007 à 2011. « C’est une candidature extrêmement sérieuse » qui oblige les États-Unis à lui opposer « une personnalité importante », avait-on estimé de source proche de la Banque, avant même que sa candidature ne soit officialisée.
À défaut d’être très connu, M. Jim, né à Séoul, a été directeur chargé du dossier du sida à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ses origines devraient être un atout à l’heure où les pays émergents remettent en cause l’hégémonie occidentale aux institutions de Bretton Woods.
En vertu d’un accord tacite entre l’Europe et Washington, la présidence de la Banque a toujours échu à un citoyen des États-Unis tandis que celle du Fonds monétaire international (FMI) revenait à un Européen. Formé à Harvard, M. Jim a émigré aux États-Unis avec ses parents à l’âge de cinq ans, selon sa biographie officielle. C’est « un choix brillant pour la Banque mondiale. Je le soutiens à 100 % », a indiqué l’économiste américain Jeffrey Sachs annonçant qu’il retirait sa propre candidature à la direction de la Banque. M. Sachs faisait campagne en franc-tireur en critiquant le rôle que les États-Unis jouent dans cette institution d’aide au développement.
Reste désormais à savoir ce que fera l’autre candidat déclaré, l’ex-ministre des Finances, José Antonio Ocampo. De source proche de la Banque, on indique que le Brésil, qui était censé présenter cette candidature, pourrait y renoncer afin de ne pas fragiliser Mme Okonjo-Iweala et de présenter un front uni des émergents.Âgée de 57 ans, celle-ci a déclaré hier avoir « absolument » confiance dans ses chances même si elle prévoyait « une lutte entre des candidats très forts ». « J’ai une longue expérience à la Banque mondiale, au gouvernement et dans la diplomatie (...) Je partage sa vision : lutter avec passion contre la pauvreté », a-t-elle ajouté.
Interrogé sur le candidat qui aurait le soutien de la France, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a répondu : « On verra au moment du vote. Le principe est qu’il y ait cette alternance des États-Unis à la BM et des Européens au FMI. Il n’y a aucune raison à ce stade de ne pas rester dans ce cadre. »
À Moscou, le conseiller économique du Kremlin, Arkadi Dvorkovitch, a estimé que la nationalité du prochain président de la Banque était moins importante qu’un accroissement du rôle des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) dans ses instances dirigeantes.
(Source : AFP)


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