Mohammad Merah
23 ans, né le 10 octobre 1988, en France. Ne portait pas la barbe, était plutôt fin, « très calme, normal ». N’avait aucun lien particulier avec la religion. Mesure 1,70 m, a été condamné à 15 reprises, était carrossier. Se revendique d’el-Qaëda, veut venger les enfants palestiniens, punir Paris pour sa loi interdisant le port public du voile islamique intégral et « mettre la France à genoux ». Est un homme « poli, courtois, policé », qui « allait en boîte de nuit ». Est un homme « taciturne », « violent », lourdement armé, « déterminé, de grand sang-froid et maître de lui », un jihadiste, un salafiste, qui « regrette de n’avoir pas tué plus ».
Aurait abattu, entre le 11 et le 19 mars 2012, sept personnes, un prof, trois enfants et trois militaires, dans la région de Toulouse.
Est passé par les camps d’el-Qaëda en Afghanistan.
Abel Chennouf
25 ans, caporal, basé à la caserne du 17e régiment du génie parachutiste à Montauban (sud de la France).
« Prévoyant », « responsable », « très humble », sorti major de sa promotion.
Sa compagne, Caroline, 20 ans, est enceinte d’un petit garçon de sept mois. Avait souscrit une assurance-vie pour mettre Caroline à l’abri. Au cas où.
Assassiné le 15 mars 2012 devant un distributeur de banque à Montauban, en compagnie du soldat de 1re classe Mohammad Legouade, 23 ans, quatre jours après Imad Ibn Ziaten, 30 ans, maréchal des logis chef au 1er régiment du train parachutiste de Francazal.
Le 17e RGP a été déployé, notamment en Afghanistan.
Robert Bales
38 ans, né à Norwood, Ohio (États-Unis).
Assez populaire au lycée, capitaine de l’équipe de foot.
Arrêté en 2002 pour l’agression d’une femme. Suit un programme de gestion de la colère, les charges sont abandonnées.
Épouse Karilyn Primeau, qu’il a rencontrée sur Internet. A deux enfants : Quincy, une fille, et Bobby, un garçon. Karilyn aime le vélo et tient un blog.
Rejoint l’armée américaine à 27 ans, y est respecté pour son « calme », sa « maturité », y compris au combat. Déployé trois fois en Irak, une fois en Afghanistan. Perd un morceau de pied. Voit la jambe d’un camarade arrachée par une bombe, ramasse des cadavres en Irak.
Août 2009, écrit sur Facebook que son déploiement en Irak est « ennuyeux », « assez idiot » et manque de combats. Mars 2011 : rate une promotion, est déçu.
A des problèmes de couple, a des problèmes financiers.
Est stressé, boirait.
11 mars 2012 : Abat 16 villageois afghans, dont des femmes et des enfants, dans le district de Panjwai, dans la province de Kandahar, Afghanistan. Brûle certains cadavres.
Mohammad Wazir
35 ans.
A perdu sa mère Shakarina, 60 ans.
A perdu sa femme, Zahra.
A perdu sa belle-sœur.
A perdu son frère Akhtar, 21 ans, fraîchement marié.
A perdu un neveu.
A perdu ses quatre filles, Massoma, Farida, Pawasha, Bibya, 12, 8, 3 et 2 ans.
A perdu deux de ses fils, Ismatullah, 14 ans, qui commençait à avoir de la moustache, était « grand et fort », et travaillait dans les champs depuis la fermeture de l’école il y a 5 ans ; et Faizullah, 8 ans, qui aimait faire du vélo autour du village.
Onze membres de sa famille, abattus et certains brûlés par Robert Bales, le 11 mars 2012.
Ne reste à Mohammad Wazir que son fils Habib Shah, 4 ans, sauvé car parti, le 11 mars 2012, avec son père dans les provinces orientales de Kandahar.
« En tant que parent, vous détestez voir un de vos enfants ne serait-ce que se blesser le petit doigt. Imaginez que vous perdez 11 membres de votre famille d’un seul coup », dit Mohammad Wazir, en larmes, à la radio américaine NPR.
« Je les aimais tous, ils étaient des parties de moi même », dit-il aussi.
« Ils me manquent tous terriblement. »
Muhammad Wazir, Afghan.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
Digne d'un film d'Iñárritu
08 h 48, le 23 mars 2012