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Moyen Orient et Monde - Révolte

L’ONU appelle Damas à coopérer avec Annan

Le Conseil de sécurité adopte une « déclaration présidentielle » ; Homs à nouveau bombardée ; plus de 70 morts hier.

Dans la ville presque vide de Deir ez-Zor, des chars du régime étaient visibles hier. Handout/Reuters

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté hier une « déclaration présidentielle », basée sur les propositions du médiateur Kofi Annan. Le texte « exhorte » le président syrien Bachar el-Assad et l’opposition syrienne à « œuvrer de bonne foi » avec M. Annan, émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, et à « appliquer intégralement et immédiatement » son plan de sortie de crise. Parmi les propositions de M. Annan : « un arrêt effectif de toutes les formes de violence armée par toutes les parties » sous supervision de l’ONU, « l’acheminement de l’aide humanitaire » et la libération des « personnes arbitrairement détenues ».
Saluant une « mesure positive », la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a prévenu le président syrien que la pression s’accentuerait sur son régime s’il n’appliquait pas les propositions de M. Annan. Se disant « encouragé par l’appui solidaire » du Conseil, Kofi Annan a pour sa part exhorté Damas à adopter son plan. L’ambassadeur français à l’ONU Gérard Araud a, lui, salué « un premier pas dans la bonne direction », l’ambassadeur britannique Mark Lyall Grant se félicitant de l’envoi à Damas d’un « message de fermeté et d’unité ».
Dans le détail, si le plan de Kofi Annan n’est pas mis en œuvre, le Conseil « envisagera toute autre mesure qu’il jugera appropriée », indique le texte, sans plus de précision. Cette formule vague et moins menaçante que ce qui avait initialement été envisagé a permis de contourner les réserves de la Russie, fidèle alliée de Damas. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est du reste dit satisfait hier que ce message ne contienne « ni ultimatum ni menaces ». La Chine a quant à elle salué l’adoption du texte et appelé le régime syrien et toutes les parties à « mettre fin immédiatement à la violence », selon son ambassadeur à l’ONU Li Baodong.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est lui aussi dit « encouragé par le message clair et uni » du Conseil. Peu avant le vote, M. Ban avait averti que la crise syrienne pourrait avoir des répercussions régionales « retentissantes », évoquant une situation « extrêmement dangereuse ». Et il a de plus appelé une nouvelle fois la communauté internationale à « parler d’une même voix », afin notamment de fournir une assistance humanitaire « immédiate » aux victimes des violences en Syrie. Dans le même temps, l’ONU a annoncé hier enquêter sur des transferts d’armes de l’Iran vers la Syrie qui ont été opérés ces derniers mois en violation des sanctions internationales contre Téhéran, selon des diplomates.
Au niveau humanitaire, la mission d’évaluation de l’aide humanitaire en Syrie, formée par l’Organisation de coopération islamique (OCI) et l’ONU et chapeautée par les autorités syriennes, poursuivait hier une tournée entamée le 16 mars, selon l’agence officielle SANA. La délégation, qui a visité hier des quartiers de la ville d’Idleb, a été reçue par son gouverneur Yasser el-Choufi, qui a dénoncé les « gangs terroristes armés ».
Sur le terrain, les forces de Bachar el-Assad ont bombardé deux grands faubourgs de Damas, Harasta et Irbine, après des attaques des rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL), ont rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) ainsi que des opposants. D’après ces derniers, les rebelles ont attaqué au lance-roquettes un vaste complexe appartenant aux services de renseignements de l’armée de l’air. Et dans l’après-midi, les affrontements se poursuivaient à Harasta, selon les Comités locaux de coordination (LCC).
En outre, l’armée syrienne a pris pour cibles hier des positions rebelles à Taftanaz, dans la province d’Idleb où des échanges de tirs ont eu lieu autour de l’héliport qui se trouve dans la région. Les militants ont aussi signalé des opérations militaires menées par le régime ainsi que des affrontements entre l’ASL et les troupes régulières dans plusieurs régions, dont Hama et Alep. Par ailleurs, un attentat à la voiture piégée s’est produit mardi soir dans la région de Deraa, faisant des morts et des blessés, a rapporté hier l’agence officielle SANA.
À Homs même, l’armée syrienne bombardait hier pour le deuxième jour consécutif le quartier de Khaldiyé, où au moins 14 personnes ont péri la veille, a affirmé Hadi Abdallah, militant à Homs de la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS). Deux autres quartiers proches, Qoussour et Bayada, sont désormais également visés, ainsi que Bab Sbaa et Bab Houd, dans le vieux Homs, a-t-il ajouté. De même, des militants ont découvert 39 cadavres dans le quartier Rifaï à Homs « probablement tués avec les 48 personnes dont les déserteurs de l’ASL avaient pu sortir les corps » le 12 mars, a annoncé M. Abdallah.
En fin de compte, plus de 70 personnes auraient péri hier dans le pays, d’après les déclarations de militants aux chaînes al-Jazira et al-Arabiya.
Dans ce contexte, le Japon a fermé son ambassade en Syrie hier en raison des menaces pesant sur la sécurité de son personnel.

(Sources : agences et rédaction)
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté hier une « déclaration présidentielle », basée sur les propositions du médiateur Kofi Annan. Le texte « exhorte » le président syrien Bachar el-Assad et l’opposition syrienne à « œuvrer de bonne foi » avec M. Annan, émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, et à « appliquer intégralement et immédiatement » son plan de sortie de crise. Parmi les propositions de M. Annan : « un arrêt effectif de toutes les formes de violence armée par toutes les parties » sous supervision de l’ONU, « l’acheminement de l’aide humanitaire » et la libération des « personnes arbitrairement détenues ». Saluant une « mesure positive », la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a prévenu le président syrien que la pression s’accentuerait sur son...
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"Le ministre des Affaires étrangères de Russie, Serguei Lavrov, s'est dit satisfait que ce message (du Conseil de sécurité) ne contienne "ni ultimatums ni menaces", donc que son ami Assad peut continuer à tuer autant de citoyens syriens qu'il le voudra. Le ministre des Affaires étrangères du Liban -oh, pardon, toujours la même erreur-, c'est à dire le vice-ministre des Affaires étrangères de Syrie, est plus satisfait, car "son" régime syrien a maintenant les mains plus libres pour massacrer des hommes, des femmes et des enfants syriens, durant le temps qu'il voudra.

Halim Abou Chacra

23 h 02, le 21 mars 2012

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  • "Le ministre des Affaires étrangères de Russie, Serguei Lavrov, s'est dit satisfait que ce message (du Conseil de sécurité) ne contienne "ni ultimatums ni menaces", donc que son ami Assad peut continuer à tuer autant de citoyens syriens qu'il le voudra. Le ministre des Affaires étrangères du Liban -oh, pardon, toujours la même erreur-, c'est à dire le vice-ministre des Affaires étrangères de Syrie, est plus satisfait, car "son" régime syrien a maintenant les mains plus libres pour massacrer des hommes, des femmes et des enfants syriens, durant le temps qu'il voudra.

    Halim Abou Chacra

    23 h 02, le 21 mars 2012

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