Un contrebandier iranien croise le bateau de croisière Costa Favolosa, près du port omanais de Khasab, dans le détroit d'Ormuz. Karim Sahib/AFP
Dès l’aube, des dizaines d’embarcations rapides accostent au port omanais de Khasab, marquant pour les contrebandiers iraniens le début d’une journée périlleuse à travers le détroit d’Ormuz.
Au moins trois fois par jour, ces contrebandiers, souvent des adolescents, risquent leur vie en transportant des marchandises sur des hors-bords depuis l’enclave omanaise de Musandam, au nord des Émirats arabes unis, vers l’Iran pour les revendre sur le marché noir. « C’est dangereux mais j’ai besoin de travailler, et c’est rentable », dit un Iranien de 18 ans qui se livre à tout genre de trafics, des téléviseurs à écran plat aux micro-ondes en passant par le thé indien et les boissons gazeuses américaines.
Il vient d’achever son deuxième voyage de la journée vers l’île iranienne de Qeshm, principale destination pour les marchandises de contrebande. De là, des marchands iraniens les distribuent dans le reste du pays.
La route des contrebandiers passe par le détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus stratégiques du monde par laquelle transite 35 % du pétrole transporté par voie maritime. Mais ils doivent éviter les navires de guerre, les porte-avions américains, les embarcations militaires iraniennes, les pétroliers et les navires-cargo qui empruntent ce détroit, au centre des tensions entre l’Occident et l’Iran qui a menacé de le fermer en raison de sanctions liées à son programme nucléaire.
Malgré les risques, la contrebande est en plein essor avec l’Iran où sont écoulées des marchandises dont certaines prohibées par les sanctions internationales imposées à ce pays, soupçonné malgré ses démentis de chercher à fabriquer la bombe atomique.
« Les affaires se sont ralenties un peu en janvier quand l’Iran et les États-Unis ont échangé les menaces, a déclaré Reza Zuhair, un gérant d’un entrepôt iranien à Khasab. Mais maintenant, cela reprend normalement (...), les affaires sont florissantes. »
Les contrebandiers, qui voyagent à deux par embarcation, touchent environ 30 dollars chacun à chaque voyage. Mais la traversée des quelque soixante kilomètres entre Khasab et l’île de Qeshm est dangereuse. « Parfois, des patrouilles navales iraniennes tirent dans notre direction, et il nous arrive d’être arrêtés », dit un contrebandier dont l’un des camarades a été tué l’an dernier par des tirs d’une patrouille iranienne à l’approche du littoral iranien.
Les trafiquants doivent également affronter les conditions climatiques. Selon un agent des douanes omanaises au port de Khasab, Abou Dahi, quelque 500 embarcations font le voyage quotidiennement à travers le détroit d’Ormuz. Le douanier assure que ce trafic est parfaitement légal pour les autorités omanaises, qui inspectent et taxent les marchandises avant d’autoriser leur exportation.
Les marchandises, qu’il s’agisse d’électronique, de cosmétiques, d’habillement, de tabac ou de boissons gazeuses, arrivent de Dubaï. Abou Dahi assure que « les armes, l’alcool et la drogue sont interdits », et que les marchandises sont « soigneusement inspectées ». « Pour nous, il n’y a rien d’illégal. Il s’agit juste de jeunes gens qui tentent de gagner leur vie. »
Alors que le soleil est sur le point de se coucher, les embarcations rapides effectuent leur dernier voyage de la journée vers l’Iran, chargées à ras-bord de téléphones portables et de parfums. « Demain matin, je serai de retour, dit un trafiquant iranien de 18 ans. Je travaille sept jours sur sept pour faire des économies et pouvoir me marier. Peut-être que j’aurais amassé assez d’argent d’ici à l’année prochaine. »
Au moins trois fois par jour, ces contrebandiers, souvent des adolescents, risquent leur vie en transportant des marchandises sur des hors-bords depuis l’enclave omanaise de Musandam, au nord des Émirats arabes unis, vers l’Iran pour les revendre sur le marché noir. « C’est dangereux mais j’ai besoin de travailler, et c’est rentable », dit un Iranien de 18 ans qui se livre à tout genre de trafics, des téléviseurs à écran plat aux micro-ondes en passant par le thé indien et les boissons gazeuses américaines.
Il vient d’achever son deuxième voyage de la journée vers l’île iranienne de Qeshm, principale...


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