Au deuxième jour de sa visite aux États-Unis, M. Cameron s’est entretenu avec M. Obama dans le Bureau ovale. Parmi les sujets abordés par les deux dirigeants, le processus de transfert de la responsabilité de la sécurité de l’OTAN aux forces afghanes qui doit s’achever fin 2014 – dossier devenu encore plus sensible depuis les manifestations antiaméricaines en Afghanistan suite à l’incinération de corans et le massacre dimanche, par un soldat américain, de 16 civils afghans à Kandahar. M. Obama a assuré que malgré ces événements, le calendrier américain de retrait d’Afghanistan ne connaîtrait aucun changement « soudain » dans son exécution : « Nous avons déjà retiré 10 000 de nos soldats. Nous avons prévu d’en retirer 23 000 autres d’ici à l’été. » L’ISAF, la mission de l’OTAN en Afghanistan, passera comme prévu l’an prochain d’un rôle de combat à un « rôle de soutien » avant un retrait complet en 2014, a également indiqué M. Obama, ajoutant que le chef du gouvernement britannique avait lui aussi défendu la validité de ce plan de transition. De son côté, M. Cameron a promis que la Grande-Bretagne n’abandonnerait pas la partie en Afghanistan. « La Grande-Bretagne combat aux côtés des États-Unis depuis le début (du conflit en 2001). Nous avons encore 9 500 soldats sur place. Nous allons achever cette mission et nous allons le faire de manière responsable », a-t-il affirmé.
Parallèlement, en visite en Afghanistan pour deux jours, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a admis que l’affaire des corans brûlés et la tuerie de Kandahar étaient « profondément inquiétantes ». M. Panetta a toutefois estimé que ces revers ne détourneraient pas les Américains de leur mission : vaincre la rébellion des talibans et leurs alliés d’el-Qaëda.
Le secrétaire à la Défense a entamé sa visite à Camp Bastion, une base militaire de la province du Helmand, voisine de celle de Kandahar. M. Panetta a d’abord rencontré des chefs de tribus de la région, qu’il s’est efforcé de rassurer après le massacre de dimanche, décrit par Washington comme l’acte d’un homme isolé. Ces discussions, « excellentes » selon le porte-parole du Pentagone, George Little, ont toutefois été éclipsées par un attentat sur une route du Helmand qui a provoqué la mort de huit civils, selon les autorités locales. Quelques heures plus tard, l’ISAF a annoncé qu’un soldat de l’OTAN avait été blessé dans un « incident » survenu au moment de l’atterrissage de l’avion de M. Panetta à Camp Bastion. « À aucun moment, le secrétaire (à la Défense) ou un autre occupant de l’appareil n’ont été mis en danger par cet incident », a déclaré l’ISAF. Selon M. Little, on ignore encore si « l’incident » de Camp Bastion était lié à la visite de M. Panetta sur la base. Et à la mi-journée, un attentat à la moto piégée a fait au moins un mort et deux blessés, tous membres des services de renseignements afghans, à Kandahar, selon les autorités locales. Sa visite au Sud terminée, M. Panetta est parti pour Kaboul, où il doit notamment rencontrer aujourd’hui le président Hamid Karzaï, avec là aussi l’objectif de rassurer.
De son côté, le Pentagone a indiqué que l’auteur du massacre de Kandahar a été transféré hors d’Afghanistan, sans préciser sa destination. Les motivations ou l’état psychologique ou psychiatrique du militaire restent non précisés, trois jours après les faits. Il n’a à ce stade pas été inculpé. Selon M. Panetta, s’il est reconnu coupable par la justice militaire américaine, il encourt la peine de mort. Par ailleurs, la Cour suprême de Pologne a décidé que quatre soldats polonais, acquittés l’an dernier pour crime de guerre en Afghanistan, doivent être jugés à nouveau.
(Source : AFP)


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