Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Révolte

La Russie critique Assad

Lavrov déplore la lenteur des réformes ; Annan a reçu la réponse de Damas, mais des zones d’ombre persistent.
La Russie a critiqué hier le président syrien Bachar el-Assad pour les « gros retards » dans l’application des réformes et mis en garde Damas contre un risque d’escalade de la crise, si le régime n’écoutait pas les conseils de son allié russe. « Malheureusement, tous nos conseils, et de loin, n’ont pas été suivis d’effet et n’ont pas toujours été mis en pratique en temps voulu, loin de là », a ainsi déploré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d’une séance de questions-réponses à la Chambre basse du Parlement (Douma). Le régime Assad a « introduit de bonnes réformes qui renouvellent le système et l’ouvrent au pluralisme, mais cela est fait avec un gros retard », a critiqué M. Lavrov. La proposition d’entamer un dialogue intersyrien intervient elle aussi « avec retard », a renchéri le ministre, avertissant que cette « inertie » pourrait finir par « engloutir tout le monde ». M. Lavrov a insisté sur le fait que la Russie faisait tout ce qu’elle pouvait pour contribuer à résoudre le conflit, soulignant que Moscou gardait une capacité d’influence sur le régime Assad et observant que la Russie ne défend « pas le régime syrien, mais la justice » dans le pays.
Aux yeux de l’analyste russe Viktor Kremeniouk, les propos de M. Lavrov montrent que la Russie cherche à aplanir les divergences avec ses partenaires sur la question syrienne, après l’élection de Vladimir Poutine à la présidentielle du 4 mars. « Maintenant que l’élection est passée, que Poutine a assuré sa victoire, on peut commencer à réfléchir à la manière de ne plus se brouiller avec les partenaires arabes et occidentaux, à essayer d’adoucir le climat », a-t-il souligné. À ce sujet, une coalition de 200 ONG issues de 27 pays a exhorté la Russie – et l’ONU – à agir pour mettre fin à l’effusion de sang en Syrie.
De leur côté, les Nations unies ont annoncé que l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, a désormais reçu une réponse des autorités syriennes à ses propositions pour régler la crise. Indiquant que « des questions » demeurent, le communiqué des Nations unies ajoute que « compte tenu de la situation grave et tragique sur le terrain, tout le monde doit comprendre que le temps presse ». « Comme l’a dit M. Annan lors de sa visite dans la région, on ne peut permettre que cette crise traîne en longueur », poursuit le bref communiqué. Pour sa part, Jihad Makdessi, porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, a estimé que Damas a répondu « clairement » aux propositions de M. Annan, ajoutant que « si l’intention est d’aider la Syrie, la Syrie s’est engagée à agir positivement » en coopérant avec l’émissaire. « Cette tâche demande de la bonne volonté de la part des autres parties », a-t-il poursuivi, réaffirmant que certains « arment (l’opposition) et incitent à la violence en Syrie ».
En attendant, M. Annan rendra compte demain au Conseil de sécurité des premiers résultats de sa mission de médiation, ont indiqué des diplomates à l’ONU. Toutefois, ils se montraient pessimistes sur la signification de la réponse syrienne. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a pour sa part exhorté le Conseil à « adopter immédiatement une résolution » appelant à la fin des violences, la fourniture d’aide humanitaire et un dialogue politique entre le régime et l’opposition. « Nous ne pouvons pas continuer comme ça », a-t-il affirmé.
Et depuis la Maison-Blanche où il rencontrait le président Barack Obama, le Premier ministre britannique David Cameron a estimé que si M. Assad « continuait » à réprimer son propre peuple, il ferait face à une « guerre civile et une révolution ». « Le chemin le plus court pour mettre fin aux violences, c’est une transition avec un départ de M. Assad, pas une révolution venant de la rue », a-t-il ajouté. De son côté, M. Obama a assuré que le président syrien allait partir, quoi qu’il advienne, martelant : « La question n’est pas de savoir s’il va quitter (le pouvoir), mais quand. » Par ailleurs, un émissaire chinois a été reçu hier par des conseillers du président français Nicolas Sarkozy, dans le cadre des consultations diplomatiques internationales sur la Syrie. L’émissaire chinois doit également être reçu mardi prochain au Quai d’Orsay. À Pékin, le Premier ministre Wen Jiabao a affirmé qu’il faut répondre aux aspirations démocratiques qui se sont manifestées lors du printemps arabe. Interrogé sur la Syrie, M. Wen a toutefois rappelé la position chinoise qui prône une solution politique de cette crise et refuse toute intervention étrangère, en assurant qu’elle était impartiale. Quant à la France, elle a envoyé dans des pays frontaliers de la Syrie son ambassadeur chargé des droits de l’homme, François Zimeray, afin de réunir des preuves des atrocités commises par le régime Assad pour constituer un dossier à remettre à la Cour pénale internationale.
Enfin, plusieurs pays ont fermé hier leurs ambassades à Damas et retiré l’ensemble de leurs diplomates et de leurs familles. Il s’agit de l’Arabie saoudite, des Pays-Bas et de l’Italie. L’Espagne, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont, eux, fermé leur représentation diplomatique depuis plusieurs jours déjà.

(Source : agences)
La Russie a critiqué hier le président syrien Bachar el-Assad pour les « gros retards » dans l’application des réformes et mis en garde Damas contre un risque d’escalade de la crise, si le régime n’écoutait pas les conseils de son allié russe. « Malheureusement, tous nos conseils, et de loin, n’ont pas été suivis d’effet et n’ont pas toujours été mis en pratique en temps voulu, loin de là », a ainsi déploré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d’une séance de questions-réponses à la Chambre basse du Parlement (Douma). Le régime Assad a « introduit de bonnes réformes qui renouvellent le système et l’ouvrent au pluralisme, mais cela est fait avec un gros retard », a critiqué M. Lavrov. La proposition d’entamer un dialogue intersyrien intervient elle aussi « avec...
commentaires (4)

L'absurdité de certains, qui acceptent pour eux ce qu'ils refusent aux autres, et qui trouvent l'absurde normal quand ça leur sied, est une maladie bien maligne qui n'a malheureusement pas de guérison.

SAKR LEBNAN

11 h 26, le 15 mars 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • L'absurdité de certains, qui acceptent pour eux ce qu'ils refusent aux autres, et qui trouvent l'absurde normal quand ça leur sied, est une maladie bien maligne qui n'a malheureusement pas de guérison.

    SAKR LEBNAN

    11 h 26, le 15 mars 2012

  • Kamel, toi qui ne trouves pas normal - à raison peut-être - que notre sort puisse dépendre des états d'âme de l'Occident, toi qui dénonces au quart de tour les complots américains et israéliens, trouves-tu normal que le sort des Syriens et de la région soit entre les mains des Russes et des Chinois ? Donc si je comprends bien, les Russes et les Chinois ont décidé, il y a un an, de décimer la population syrienne, le boucher étant sous leurs ordres. Et comme le Hezbollah et le pauvre Aoun sont sous les ordres du boucher, le sort du Liban dépend des Russes et des Chinois. Je ne veux ni les uns, et surtout pas les autres. Alors, je te le dis franchement, vivement que le régime syrien tombe, ça libèrera les politiques libanaises qui se réveilleront enfin. Et s'il faut s'allier avec quelqu'un pour combattre l'éventuelle montée de l'extrémisme, quel qu'il soit, qui pourrait menacer notre liberté, eh ben on le fera.

    Robert Malek

    10 h 32, le 15 mars 2012

  • La solution est entre les mains russes et chinoises, ils decideront avec les autorites legitimes syriennes ce qui sera bon pour le peuple syrien et pour la region. Les occidentaux n'ont que l'appareil mediatique pour passer des baumes au coeur de ceux qui les croient, gardez vous de vivre aux depens de tout flatteur, disait le renard au corbeau apres lui avoir chouraffe son fromage. Par contre pour parler de schisophrenie hier Pierre H. ,il semblerait que vous en etes a vous debattre pour sortir de ses griffes. A moins que la boule de cristal vous ai revele de nouvelles dates que vous gardez secretement au fond de votre cortex.

    Jaber Kamel

    09 h 08, le 15 mars 2012

  • La Russie commence a se trouver des excuse pour changer sa position peu confortable. La Syrie explosera brutalement la ou personne ne l'attendra. Des que la Russie retirera son appui, et elle le fera, le peuple Syrien se rebiffera et Assad en pâtira. Au début les gens ne parlait que de la chute du régime, puis du départ d'Assad, puis de son jugement et aujourd'hui de sa fin comme celle de Kaddhafi. Il a été trop loin, le peuple aussi d'ailleurs et il ne peut y avoir de retour en arriéré.

    Pierre Hadjigeorgiou

    06 h 03, le 15 mars 2012

Retour en haut