Un combo de quatre images montrant le massacre de Homs. Photo AFP
Mais le ministre syrien de l’Information, Adnane Mahmoud, a accusé « les gangs terroristes » d’avoir perpétré le massacre « en vue de susciter des réactions internationales contre la Syrie ». Il a par ailleurs accusé l’Arabie saoudite et le Qatar d’être « complices » de ces « gangs ». De son côté, le Conseil national syrien (CNS) a appelé « à une intervention militaire internationale et arabe urgente », à la mise en place « d’une zone d’exclusion aérienne » et à des « frappes » contre l’appareil militaire du régime.
Entre-temps, sur le terrain, au moins 96 personnes ont péri hier dans les violences, selon la chaîne de télévision satellitaire al-Jazira, citant des militants. L’armée syrienne a repris notamment ses bombardements sur les quartiers rebelles d’Idleb qui échappent toujours à son contrôle, selon l’OSDH. À Deraa, l’explosion d’une voiture piégée a tué une adolescente et en a blessé 25 autres dans un établissement scolaire pour filles. En outre, plusieurs dizaines de milliers de Kurdes ont manifesté dans le nord du pays à l’occasion du 8e anniversaire du soulèvement de Qamichli, a indiqué encore l’OSDH. Les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser les manifestants, blessant trois personnes.
Le bain de sang doit s’arrêter maintenant
Réagissant à ces informations alarmantes, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé le président Assad à agir « dans les jours prochains » pour répondre aux propositions de l’émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan, pour mettre un terme aux violences. Depuis New York, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré : « Kofi Annan a fait des propositions à Bachar el-Assad, la réponse devrait venir dans les 48 heures. » M. Annan a quitté Damas dimanche à l’issue d’une visite de deux jours après avoir présenté à M. Assad une « série de propositions concrètes » en vue d’arrêter le bain de sang, sans résultat. Estimant paradoxalement que sa médiation est « sur la bonne voie », il a affirmé depuis Ankara où il était hier : « La mort de civils doit s’arrêter maintenant. Le monde doit envoyer un message clair (au régime syrien) que cette situation est inacceptable. » M. Annan doit s’entretenir à huis clos avec le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, pour l’informer de ses contacts à Damas puis se réunira avec le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. Il rencontrera aujourd’hui, à Ankara également, une délégation du CNS. Auparavant, M. Annan avait informé les dirigeants du Qatar des résultats de ses entretiens à Damas. Pour sa part, l’Iran a réaffirmé son « soutien total » au gouvernement syrien et rejeté sur les pays occidentaux et arabes la responsabilité de l’aggravation de la crise. Quant à la Chine, elle a salué la « pertinence » d’un plan en cinq points prôné par la Russie et les Arabes pour trouver une solution à la crise, en estimant que ces propositions pouvaient déboucher sur une avancée « positive ».
Par ailleurs, Damas envisage de rappeler ses ambassadeurs dans les pays européens qui ont rapatrié leur personnel diplomatique de Syrie, a déclaré l’ambassadeur syrien en Russie, Riad Haddad. Selon des diplomates arabes, la Syrie a commencé à rappeler ses ambassadeurs en Europe de crainte qu’ils ne soient expulsés.
Châtiment collectif
Et à Genève, le président de la commission d’enquête internationale sur la Syrie, Paulo Pinheiro, a estimé que la « situation désespérée » des civils représentait une « urgence absolue ». Il a en outre dénoncé l’accès « limité » accordé par Damas aux organisations humanitaires, lors de la présentation de son deuxième rapport sur la Syrie devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Il a souligné que beaucoup de gens étaient morts « en l’absence de traitement médical approprié et de fournitures essentielles ». Un accès humanitaire sans entrave est une « règle », pas une « exception », a-t-il martelé, dénonçant un « châtiment collectif » des civils par les autorités. La responsable des opérations humanitaires de l’ONU, Valerie Amos, a appelé de son côté le gouvernement syrien à plus de « transparence », espérant qu’une mission humanitaire conjointe puisse démarrer cette semaine.
Enfin, sur un autre plan, les « journalistes-citoyens » des LCC sont les lauréats 2012 du Prix du Net-citoyen, une distinction remise hier à une de leurs représentantes, Jasmine, qui a dédié cette récompense à « tous les activistes syriens ».
(Sources : agences et rédaction)



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Oups, un loupé de ma part, mon commentaire ci-dessous à Jabbour n'était pas prévu dans ce chapitre, mais plutôt sous "Raï reçu par l’émir du Qatar".
06 h 31, le 13 mars 2012