Dominique Strauss-Kahn était hier soir à l’université de Cambridge, où il a été invité par une association estudiantine à donner une conférence sur « l’état de l’économie mondiale ». Il a fait salle comble, mais sa visite, fortement controversée, a fait des vagues dans la prestigieuse université provoquant des échauffourées entre des étudiants en colère et la police. Carl Court/AFP
L’ancien patron du FMI était invité par la « Cambridge Union Society », l’association estudiantine de l’université, à exposer ses vues sur « l’état de l’économie mondiale ». Dès le petit matin, les murs de l’association ont été couverts de graffitis aux slogans vengeurs tels « À mort DSK », ou « Les femmes méritent mieux ». Un homme de 20 ans et une femme de 21 ans ont été arrêtés sur les lieux, selon la police. L’arrivée de DSK à l’université a été tout aussi mouvementée. Environ 200 manifestants s’étaient rassemblés près des locaux de la Cambridge Union Society. M. Strauss-Kahn est entré par une porte latérale des locaux de l’université, escorté par des gardes de sécurité qui repoussaient des photographes. Il n’a pas dit un mot aux journalistes présents, qui n’étaient pas admis à la conférence. Il n’empêche : la conférence a fait salle comble et les tickets ont été tirés au sort à cause de l’affluence. Est-ce l’impact de la polémique ?
Cette invitation a été vivement critiquée par la section femmes du syndicat CUSU (Cambridge university student’s Union), qui a lancé une pétition forte de plusieurs centaines de signatures et décidé d’organiser une contre-réunion et une manifestation. La section femmes a invité l’avocat de Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui a accusé Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle. Douglas H. Wigdor a pris la parole dans l’après-midi à la faculté de droit de l’université. Dénonçant l’invitation faite à Dominique Strauss-Kahn, il a notamment déclaré : « Je n’ai tout simplement pas compris cette décision. Cela m’a sidéré (...). Qu’on lui donne ici une tribune pour s’exprimer est un affront à toutes les victimes d’agression sexuelle. » L’avocat a aussi lu une déclaration de la part de la Française Tristane Banon, qui avait déposé une plainte contre DSK pour tentative de viol, classée sans suite par la justice française. « Inviter l’ancien chef du FMI vise à le réinsérer dans la vie publique, et c’est une insulte aux femmes... Je sais que cet homme reste un professeur d’économie, mais je pensais, peut-être naïvement, qu’on ne permettrait pas à quelqu’un qui fait l’objet de tant d’enquêtes de faire une conférence », a dit M. Wigdor au nom de Tristane Banon. Une centaine d’étudiants ont assisté à son intervention. « Offrir à DSK une tribune pour parler d’économie, en ignorant les investigations en cours (...) revient à mettre de côté ces questions et contribue à nourrir la culture du silence et de la honte qui entoure le viol », a renchéri de son côté la section femmes du CUSU.
« Grande figure du FMI », DSK « a des connaissances exceptionnelles dans son domaine. C’est la raison pour laquelle nous l’avons invité », a répondu la Cambridge Union Society. L’association a dans le passé invité le dalaï-lama et Jean-Marie Le Pen, et rappelle que « s’exprimer devant l’association n’implique pas une quelconque approbation ou un quelconque soutien ».
Les charges pénales contre DSK ont été abandonnées aux États-Unis. Mais l’ex-patron du FMI, âgé de 62 ans et contraint à la démission à cause de l’affaire Diallo, a été rattrapé par un autre dossier, dit « du Carlton », en France. Il doit être convoqué le 28 mars par la justice française pour être inculpé, notamment de complicité de proxénétisme, selon une source judiciaire. Il aurait pris part à des soirées érotiques et l’enquête tente de déterminer s’il savait que les femmes qui y participaient étaient des prostituées.
(Source : AFP)


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef