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Moyen Orient et Monde - Présidentielle Française

Sarkozy, dirigeant européen le plus impopulaire

Le chef de l’État sortant joue son va-tout demain lors d’un meeting géant à Villepinte.

Le président français Nicolas Sarkozy est le dirigeant de l’Union européenne à la fois le plus connu et le moins apprécié des Européens, selon une enquête de l’institut BVA publiée hier par le quotidien gratuit 20 Minutes.


Dans les cinq pays où ce sondage a été réalisé du 20 au 29 février auprès de 4 217 personnes – France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne –, 93 % des habitants en moyenne connaissent le président français, au pouvoir depuis mai 2007. Mais il ne recueille en moyenne dans les mêmes pays que 33 % de bonnes opinions, contre 58 % de mauvaises, soit un solde négatif de 25 points, de loin le plus mauvais score obtenu par les cinq chefs d’État et de gouvernement testés. C’est en Italie et en Grande-Bretagne que Nicolas Sarkozy est le plus impopulaire, avec des soldes négatifs de 39 points dans le premier pays (record absolu) et de 34 point dans le second. Il fait à peine mieux en France (29 points). En revanche, c’est paradoxalement en Allemagne qu’il fait l’un de ses meilleurs scores (-11 points) après l’Espagne (-10), où il s’est vu récemment remettre la plus haute distinction espagnole, le collier de l’ordre de la Toison d’or, pour services rendus dans la lutte contre le terrorisme basque.


Loin de ces considérations, M. Sarkozy achève une semaine qui a pris des allures de va-tout avec un mégameeting demain, après avoir martelé une position dure sur l’immigration et l’islam, dans le sillage de l’extrême droite, et mis sa retraite politique dans la balance. À 44 jours du premier tour de la présidentielle française, le locataire sortant de l’Élysée est toujours donné sévèrement battu par le socialiste François Hollande, qui l’emporterait le 6 mai au second tour avec 56 % des suffrages, selon un sondage OpinionWay publié jeudi. Pour tenter d’inverser cette tendance, le président-candidat présentera donc demain sa vision de la France à l’horizon 2017 lors d’un meeting à Villepinte, près de Paris. Son équipe de campagne se défend de vouloir en faire un contre-Bourget – c’est là, près de Villepinte, que M. Hollande a relancé sa campagne le 22 janvier devant 20 000 personnes. Tout est néanmoins organisé pour faire du seul meeting national de M. Sarkozy avant le premier tour, le 22 avril, une démonstration de force. Les proches du chef de l’État sortant disent attendre quelque 60 000 participants de toute la France et annoncent 600 journalistes accrédités. La réunion de Villepinte « s’annonce comme un rassemblement d’une importance absolument considérable », a lui-même déclaré M. Sarkozy.


Les analystes sont cependant sceptiques. Pour Gaël Sliman, de BVA, le meeting de Villepinte ne peut pas « faire la différence », ni « transformer la profonde impopularité de Nicolas Sarkozy en adhésion à sa personne » dans le pays. « Ça ne jouera que marginalement », estime l’analyste, pour qui seul un « choc exogène » – une crise internationale, par exemple – est susceptible de lui redonner des chances de l’emporter le 6 mai en lui permettant de jouer de son expérience et de retrouver un rôle de protecteur des Français.

Hollande, l’Europe et l’Afrique
De son côté, François Hollande était hier à Varsovie en Pologne, où il a réaffirmé sa volonté de renégocier le pacte budgétaire européen et souhaité que la présidentielle française marque le renouveau du centre-gauche en Europe. Après Madrid, Bruxelles, Berlin, Rome et Londres, le candidat socialiste avait choisi Varsovie, qui a rallié l’Union européenne en 2004, afin de « saluer » les acteurs de l’Europe élargie et marquer sa volonté, s’il est élu, de relancer la coopération entre le couple franco-allemand et le nouvel entrant polonais dans le cadre du « Triangle de Weimar ». M. Hollande a également évoqué des questions relatives à l’OTAN, notamment la présence des troupes de la coalition occidentale en Afghanistan. S’il est élu, M. Hollande entend retirer les troupes françaises dès cette année.
Plus tôt en journée, avant son départ pour la Pologne, M. Hollande s’était engagé à une « rénovation en profondeur des relations avec l’Afrique », dans une déclaration au mensuel Afrique Magazine. Il a ainsi estimé que « la relation entre la France et ses partenaires africains doit se faire entre égaux, sans rapports de subordination », et a écarté « l’expression pré carré, qui renvoie à une histoire peu glorieuse ». « En revanche, il est évident pour moi que la France doit être plus présente aux côtés des États démocratiques et francophones d’Afrique qu’elle ne l’est aujourd’hui », a-t-il poursuivi. Questionné sur les révolutions arabes et l’islamisme, il a jugé que « les espoirs soulevés » par elles et « notamment par la jeunesse » sont immenses.

Le président français Nicolas Sarkozy est le dirigeant de l’Union européenne à la fois le plus connu et le moins apprécié des Européens, selon une enquête de l’institut BVA publiée hier par le quotidien gratuit 20 Minutes.
Dans les cinq pays où ce sondage a été réalisé du 20 au 29 février auprès de 4 217 personnes – France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne –, 93 % des habitants en moyenne connaissent le président français, au pouvoir depuis mai 2007. Mais il ne recueille en moyenne dans les mêmes pays que 33 % de bonnes opinions, contre 58 % de mauvaises, soit un solde négatif de 25 points, de loin le plus mauvais score obtenu par les cinq chefs d’État et de gouvernement testés. C’est en Italie et en Grande-Bretagne que Nicolas Sarkozy est le plus impopulaire, avec des soldes négatifs de 39...
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