Tu n’as jamais omis de me téléphoner le 4 mars de chaque année pour me dire de penser à des idées de bijoux à l’occasion de votre anniversaire de mariage à Bicha et toi, le 5 mars. Ironie du sort, l’appel de ce 4 mars m’annonçait ton décès.
Votre couple était un hymne à l’amour, à l’affection, au respect mutuel ; votre famille, un exemple de solidarité et de soutien. Tu étais admiratif pour tout ce que faisaient Josyane et Myrna. Dernièrement, j’ai pensé à toi et à la fierté que tu ressentais quand Naji a été président de l’IAA.
À chaque Noël, tu te faisais une joie d’offrir à Bicha, Josyane, Myrna et Carole les plus belles pièces de la collection, collection que tu nous illustrais dans des catalogues merveilleux de créativité et de goût.
Tu maniais par ailleurs l’art du calembour comme tu respirais avec un humour qui t’était propre : lors d’un dîner, une dame te dit qu’elle avait le cafard. Tu lui répondis du tac au tac : « Eh bien! Prenez un café Najjar. » Malheureusement, Jean Claude, tous les cafés du monde ne nous enlèveront pas le cafard causé par ton absence.
Nous nous appelions mutuellement pour nous raconter la « dernière », et à chaque fois que je lisais le sigle JCB sur mon portable, mon cœur s’illuminait de joie à l’idée de t’entendre me raconter un bon mot ou une bonne blague. Je n’ai pas eu le temps de te dire celle que m’a racontée Roméo Lahoud. Un de ses employés, bègue, lui demande : « M. Rom... mé... méo, je vou... voudrais une de... m... mi-heure de vo...vo...tre temps p... p... parce que je... je dois v... vous pa... parler 5 minutes. » Je crois que je te la raconte aujourd’hui parce que dans mon subconscient, je veux dédramatiser ton départ, sachant que tu es toujours parmi nous.
Je voudrais enfin te faire une confidence : j’ai toujours été tranquille à l’idée que tu serais là pour écrire quelques mots dans L’Orient-Le Jour lors de mon décès, mais tu as été « farceur » jusqu’au dernier moment.
À bientôt, JCB.
Walid MOUZANNAR


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