Il y a quelques mois encore, le Premier ministre semblait sur une voie royale et la principale interrogation était de savoir s’il allait rester aussi longtemps au pouvoir que Josef Staline. Cependant, tout a déraillé pour lui depuis septembre. D’abord lorsqu’il a annoncé un échange Premier ministre-président avec Dmitri Medvedev, un « pacte » perçu par beaucoup de Russes comme un tour de passe-passe électoraliste. Puis les législatives du 4 décembre ont été dénoncées comme frauduleuses par l’opposition, créant un mouvement de contestation sans précédent. En outre, une classe moyenne est apparue dans les villes, s’enrichissant lors de la croissance effrénée des années 2000, et qui réclame l’établissement d’un pays moderne, débarrassé de la corruption et doté d’une justice indépendante.
Un diplomate occidental en poste en Russie résume le sentiment général qui l’emporte dans les ambassades. « Il y a six mois, les diplomates s’interrogeaient sur ce que ferait Poutine lors de ces douze prochaines années. Maintenant on se demande tous s’il va aller au terme de son mandat de six ans », dit-il.
Et les déclarations mercredi de M. Poutine concernant l’opposition, prête à « flinguer » l’un des siens pour en accuser le pouvoir, ont enfoncé le clou. Nombre d’opposants ont mis en garde hier contre une dérive du discours public à trois jours de la présidentielle. « Le pouvoir ne peut pas, dans une situation politique aussi tendue, faire monter la tension avec des déclarations équivoques », a dit Mikhaïl Prokhorov, milliardaire et candidat libéral à l’élection. « Une telle déclaration paraît irresponsable et fait monter encore la tension dans la société », a de son côté déclaré Sergueï Oudaltsov, le leader du Front de gauche russe. Parallèlement, le plus charismatique des opposants, Alexeï Navalny, qui scande « Poutine – voleur ! » dans toutes les manifestations, oppose à l’homme fort du régime un programme simple mais fédérateur : en finir avec la corruption qui gangrène le pays. « Plus de mensonges, plus de pillage », ainsi peut se résumer le programme de l’opposition, souligne M. Navalny dans le quotidien économique Vedomosti.
Par ailleurs, un étudiant qui vendait des permis autorisant un électeur à voter hors de son bureau de vote, considéré par l’opposition comme instrument de la fraude électorale, a été interpellé à Saint-Pétersbourg. Enfin, le Comité d’enquête russe a indiqué chercher à établir l’origine de « fausses » vidéos datées du 4 mars 2012 et diffusées sur Internet qui dénoncent des « fraudes » commises le jour de la présidentielle.
(Sources : agences)


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef