Vue du séminaire sur le plurilinguisme organisé par l’USJ.
Le séminaire scientifique « Les langues de scolarisation en contextes plurilingues », organisé par la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Saint-Joseph, le secrétariat général des écoles catholiques et l’Institut français, a permis de rassembler des experts internationaux, des chercheurs libanais et des institutionnels pour échanger leurs idées sur une convergence possible entre les langues de scolarisation au Liban.
Linda Aoun, directrice de la formation au secrétariat général des écoles caholiques, a en premier lieu dressé un état des lieux de l’enseignement des langues au Liban. Remarquable, son exposé a clairement fait apparaître que les institutions éducatives pouvaient progresser dans ce domaine et que toutes les recherches menées sur cette question devaient être exploitées afin d’améliorer la situation.
Les orientations internationales en didactique du plurilinguisme ont par la suite été présentées par Sylvie Wharton, professeure de sociolinguistique et de didactique des langues à l’Université d’Aix-Marseille. Elle a mis en exergue le fait qu’un travail sur les répertoires langagiers des élèves et sur les ponts entre les langues pouvait leur permettre de progresser, et ce dans toutes les disciplines.
Une recherche action intitulée « Les approches plurielles dans un contexte scolaire libanais » a ensuite été présentée par Marisa Cavalli, enseignante chargée de recherche et associée aux travaux du Conseil de l’Europe, Suzanne Abourjeili, enseignante chercheuse à la faculté des sciences de l’éducation de l’USJ, et deux experts de l’Institut français du Liban, Isabelle Grappe et Didier Colletin. Cette expérience novatrice menée au Collège des Filles de la charité d’Achrafieh a eu un impact très positif sur les élèves et sur les professeurs d’arabe et de français. Sur la base d’un contrat didactique bien cadré, les élèves ont découvert que leurs connaissances en arabe classique, en libanais et en français étaient complémentaires et que cette complémentarité leur permettait de progresser dans les cours d’arabe classique et dans les cours de français. L’alternance des langues s’est même avérée être un moyen approprié pour atteindre des objectifs sociolinguistiques complexes. Les élèves affirment par ailleurs avoir, grâce à ces activités, « trouvé du sens » à leurs apprentissages. Les professeurs confirment et constatent que cela accroît la motivation de leurs élèves.
Une autre recherche, « La didactique convergente de l’arabe et du français en EB6 et EB7 », a été présentée par Mohammad Miled, professeur en didactique du français et en sciences de l’éducation à l’Université de Carthage, et Samir Hoyek, enseignant chercheur à la faculté des sciences de l’éducation de l’USJ et directeur du Centre pédagogique lassallien libanais. Ces deux chercheurs ont mis en place un dispositif de travail commun entre professeurs d’arabe et de français afin de renforcer la qualité de l’apprentissage de ces deux langues.
Enfin, les expériences du secteur public libanais dans les domaines des approches plurielles et de la didactique convergente français-arabe ont été exposées par Maha Husseini, conseillère pédagogique au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Mounifa Assaf, responsable du centre de ressources du CRDP Tripoli, et Randa Naboulsi, enseignante chercheuse à la faculté de pédagogie de l’Université libanaise.
Daniel Coste, professeur émérite de l’École normale supérieure de Lyon et associé aux travaux du Conseil de l’Europe, a conclu en indiquant que ces recherches libanaises s’inscrivaient pleinement dans une dynamique internationale. Il a invité le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, le CRDP, l’Université Saint-Joseph, le secrétariat général des écoles catholiques, l’Institut français du Liban ainsi que l’ensemble des institutions éducatives libanaises à poursuivre dans cette voie et à partager leurs résultats aux niveaux régional et international.
Ce séminaire a permis de mettre en commun des expériences très intéressantes. Gageons que leurs évaluations puis, espérons-le, leur diffusion permettront de renforcer la qualité de l’apprentissage des langues au Liban, pays plurilingue par excellence !
Linda Aoun, directrice de la formation au secrétariat général des écoles caholiques, a en premier lieu dressé un état des lieux de l’enseignement des langues au Liban. Remarquable, son exposé a clairement fait apparaître que les institutions éducatives pouvaient progresser dans ce domaine et que toutes les recherches menées sur cette question devaient être exploitées afin...

